Le déficit commercial du Maroc a atteint 127 milliards de dirhams à la fin du mois d’avril 2026, contre 107 milliards de dirhams un an plus tôt, selon les données publiées par l’Office des Changes. Cette augmentation représente une aggravation de 18,4 % sur une période de douze mois.
Cette détérioration du solde commercial intervient dans un contexte de hausse des importations, qui ont progressé plus rapidement que les exportations. Les données officielles indiquent que les achats à l’étranger ont augmenté de 12 % sur la période, tandis que les ventes à l’international n’ont progressé que de 5 %.
Origines du creusement du déficit
Les principaux facteurs expliquant cette évolution sont la hausse des prix des matières premières, notamment l’énergie et les produits alimentaires, qui pèsent lourdement sur la facture d’importation. Les importations de produits énergétiques ont bondi de 22 %, tandis que celles des biens d’équipement et des produits semi-finis ont également enregistré des augmentations significatives.
En parallèle, les exportations marocaines, bien qu’en croissance, n’ont pas suivi le même rythme. Les secteurs automobile et aéronautique ont continué à afficher des performances positives, mais les exportations agricoles et textiles ont subi des ralentissements liés aux conditions climatiques et à la concurrence internationale.
Impact sur l’économie nationale
Ce déficit commercial accru exerce une pression supplémentaire sur les réserves de change du Maroc, qui ont diminué de 8 % sur la même période. Les analystes économiques soulignent que cette tendance pourrait affecter la stabilité du dirham et renchérir le coût du financement extérieur pour l’État.
Le gouvernement a déjà annoncé des mesures visant à soutenir la compétitivité des exportations, notamment par l’amélioration des chaînes logistiques et le renforcement des accords de libre-échange. Toutefois, les effets de ces initiatives ne se feront sentir qu’à moyen terme.
Comparaison avec les années précédentes
À titre de comparaison, le déficit commercial à fin avril 2025 s’élevait à 107 milliards de dirhams, ce qui représentait déjà une aggravation par rapport à 2024. Cette tendance haussière confirme une dégradation structurelle du solde des échanges commerciaux du royaume depuis plusieurs années.
Les experts de l’Office des Changes estiment que, sans une inflexion significative des exportations ou une baisse des prix internationaux, le déficit pourrait dépasser 150 milliards de dirhams d’ici la fin de l’année 2026.
Le Maroc continue de dépendre fortement des importations d’énergie et de biens d’équipement, ce qui le rend vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux. Les autorités cherchent à diversifier les sources d’approvisionnement et à promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire cette dépendance.
À l’avenir, l’évolution du déficit commercial dépendra en grande partie de la reprise économique des principaux partenaires commerciaux du Maroc, notamment l’Union européenne, et de la mise en œuvre des réformes structurelles annoncées. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des politiques mises en place pour inverser cette tendance.
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