Eau : les réserves des barrages au Maroc reculent sous l’effet de la chaleur, mais restent à des niveaux élevés

Eau : les réserves des barrages au Maroc reculent sous l’effet de la chaleur, mais restent à des niveaux élevés

Les premières conséquences de la vague de chaleur qui traverse le Maroc se manifestent sur les ressources hydriques du pays. Selon les données actualisées publiées par la plateforme Maadialna, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les réserves des barrages ont entamé un recul progressif. Ce phénomène, attendu en cette saison estivale, intervient alors que le Royaume connaît une hausse significative des températures depuis plusieurs jours.

Un recul prévisible dans un contexte de forte chaleur

Les chiffres officiels indiquent que le taux de remplissage global des barrages est passé à 35,2 % au 10 juillet 2024, contre 36,1 % une semaine plus tôt. Cette baisse de près d’un point de pourcentage correspond à une diminution d’environ 150 millions de mètres cubes d’eau stockée. Malgré cette tendance baissière, les volumes disponibles demeurent exceptionnellement élevés par rapport aux moyennes des cinq dernières années.

Les régions les plus touchées par le recul sont celles du Sud et du Centre, où les températures ont dépassé les 45 degrés Celsius. Les barrages d’Al Massira et de Bin El Ouidane, deux des plus grands du pays, ont enregistré une baisse respective de 2 % et 1,5 % de leur remplissage. Cependant, les réserves combinées restent supérieures de 12 % à la moyenne décennale pour la même période.

Une situation hydrique encore favorable grâce aux pluies récentes

Cette relative abondance s’explique par les précipitations abondantes des mois de mars et avril 2024, qui ont permis de reconstituer en partie les stocks après plusieurs années de sécheresse. Les apports en eau des barrages avaient alors atteint des niveaux record, avec un gain net de plus de 4 milliards de mètres cubes entre février et mai. Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a souligné que ces volumes offrent une marge de sécurité pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation durant l’été.

Néanmoins, les autorités appellent à une gestion sobre de la ressource. Le débit des fleuves et des nappes phréatiques, déjà sous pression, pourrait diminuer si la canicule se prolonge. Des relevés de terrain montrent que les pertes par évaporation ont augmenté de 15 % par rapport à la normale saisonnière, un facteur qui pourrait accélérer la baisse des réserves dans les semaines à venir.

Des perspectives conditionnées par la météo et la consommation

Les prévisions météorologiques pour les deux prochaines semaines n’annoncent aucune précipitation significative sur l’ensemble du territoire. La demande en eau, notamment pour l’agriculture, reste élevée dans les plaines du Gharb, du Souss et du Tadla. Les responsables du secteur hydrique suivent de près l’évolution des températures et pourraient ajuster les débits de lâchers d’eau à partir des barrages si nécessaire.

Selon les projections du ministère, si la vague de chaleur se maintient au-delà du 20 juillet, le taux de remplissage global pourrait descendre sous la barre des 32 % d’ici fin août, un seuil encore jugé acceptable pour éviter des restrictions majeures. Une réunion de suivi est prévue dans les prochains jours pour évaluer l’impact de la canicule sur les ressources hydriques et décider d’éventuelles mesures de gestion adaptée.

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