Le déficit budgétaire du Maroc a atteint 27 milliards de dirhams à la fin du mois de mai 2026, contre 22 milliards de dirhams enregistrés à la même période un an plus tôt, selon les dernières données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Cette augmentation de 5 milliards de dirhams intervient dans un contexte de tensions sur les finances publiques, marqué par une progression des dépenses et une évolution contrastée des recettes.
Hausse des dépenses de fonctionnement et d’investissement
Les données de la TGR indiquent que les dépenses budgétaires totales se sont élevées à 145 milliards de dirhams à fin mai 2026, contre 132 milliards de dirhams un an plus tôt, soit une progression de 9,8 %. Cette hausse est principalement imputable à l’augmentation des charges de personnel et des subventions, ainsi qu’à un rythme soutenu des dépenses d’investissement dans le cadre du budget de l’État.
Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 8,3 %, atteignant 98 milliards de dirhams, tandis que les dépenses d’investissement ont progressé de 12,5 %, pour s’établir à 47 milliards de dirhams. Cette dynamique reflète les priorités du gouvernement en matière de développement des infrastructures et de soutien aux secteurs sociaux.
Recettes fiscales en légère hausse
Côté recettes, les ressources budgétaires ont atteint 118 milliards de dirhams à fin mai 2026, contre 110 milliards de dirhams un an plus tôt, soit une augmentation de 7,3 %. Les recettes fiscales ont progressé de 6,5 %, représentant 108 milliards de dirhams, grâce à une meilleure collecte de l’impôt sur les sociétés et de la TVA. Les recettes non fiscales, quant à elles, ont augmenté de 12,2 %, principalement en raison de dividendes versés par les entreprises publiques.
Malgré cette hausse des recettes, le rythme plus rapide des dépenses a creusé le déficit, qui représente désormais 18,6 % des recettes totales, contre 20 % un an plus tôt, mais en valeur absolue, l’écart s’est accentué.
Impact sur la dette publique et la gestion budgétaire
Ce déficit croissant intervient dans un contexte de dette publique qui s’élevait à 72 % du PIB à fin 2025, selon les dernières estimations du ministère de l’Économie et des Finances. Les autorités marocaines avaient prévu un déficit budgétaire de 4,5 % du PIB pour l’ensemble de l’année 2026, dans le cadre de la loi de finances. Le chiffre observé à fin mai suggère que l’objectif annuel pourrait être difficile à tenir sans mesures correctives.
La TGR a précisé que ces données sont provisoires et pourraient être révisées lors de la publication du tableau de bord mensuel. Les analystes financiers suivent de près l’évolution des dépenses et des recettes, alors que le Maroc doit faire face à des pressions inflationnistes et à des besoins de financement pour la reconstruction après le séisme d’Al Haouz.
Perspectives pour les prochains mois
Le gouvernement devrait présenter, lors du prochain conseil de gouvernement, un bilan actualisé des mesures de rationalisation des dépenses. Il est également attendu que la loi de finances rectificative, prévue pour l’automne 2026, intègre des ajustements pour contenir le déficit. Les prochains mois seront déterminants pour vérifier si les recettes fiscales pourront maintenir leur rythme de progression et si les dépenses exceptionnelles liées aux urgences climatiques et sociales pourront être maîtrisées.
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