Révolution Narrative : L’analyse du roman visuel ‘En attendant Ibn Rushd’ d’Azz al-Arab al-Alaoui

Révolution Narrative : L’analyse du roman visuel ‘En attendant Ibn Rushd’ d’Azz al-Arab al-Alaoui

Le paysage littéraire marocain est en effervescence suite à la présentation et la discussion, à la prestigieuse Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc à Rabat, du tout dernier ouvrage d’Azz al-Arab al-Alaoui. Ce cinéaste de renom a dévoilé un ovni littéraire, un « roman visuel En attendant Ibn Rushd », qui promet de remodeler les contours de la narration arabe contemporaine. Loin d’être une simple histoire, cette œuvre est une invitation à une expérience sensorielle et intellectuelle profonde, marquant une fusion audacieuse entre le cinéma et la littérature.

Le 30 janvier 2026, cette œuvre singulière a captivé l’attention des critiques et du public. Mohammed Chikr, critique d’art, a souligné comment Azz al-Arab al-Alaoui propose « un nouveau format narratif dans le roman arabe, côtoyant le cinéma sans perdre sa profondeur littéraire, et offrant au lecteur une expérience sensorielle et intellectuelle simultanée. » Ce n’est pas un roman illustré traditionnel, mais une écriture qui transcende le simple texte pour devenir une véritable mise en scène, un script pour l’œil et l’esprit.

‘En attendant Ibn Rushd’ : Une Écriture Par l’Image

La particularité de cette œuvre réside dans son approche de « roman visuel », un concept que Mohammed Chikr a pris soin de distinguer du roman illustré. Il ne s’agit pas d’ajouter des images à un texte, mais de créer une narration où « l’écriture est faite avec une lentille, non avec un stylo ». Là où le mot tend à l’économie, l’écriture scénique saisit d’innombrables détails et nuances, capturant l’objet dans son dynamisme. Lire ce roman, c’est comme « regarder une scène filmée », procurant un plaisir immersif et une participation active à la construction du récit. Cette approche novatrice pousse les limites de l’expression littéraire, transformant l’acte de lecture en une véritable expérience cinématographique intérieure.

Ibn Rushd : Au-delà du Personnage Historique, un Symbole Universel

Le titre même, « En attendant Ibn Rushd », est une clé d’entrée vers la profondeur philosophique de l’œuvre. Le critique d’art précise qu’Ibn Rushd (ou Averroès) n’y est pas réduit à une figure historique. Il est plutôt une « icône et un symbole », invitant à une réflexion plus large. L’attente évoquée par al-Alaoui n’est pas celle d’une personne spécifique, mais une « attente intemporelle », à l’image de celle de Godot chez Samuel Beckett. Ismail Moussaoui, un autre critique, a judicieusement remarqué que le roman est une succession d’attentes – « son début est une attente, son milieu est une attente, et sa fin est une attente » –, soulignant ainsi le caractère existentiel et universel de cette quête. Cette attente symbolise un « pari civilisationnel et humain étendu », une interrogation perpétuelle sur le rôle de la raison dans notre époque.

Quand le Cinéma Rencontre la Littérature : Un Projet Artistique Ambitieux

La convergence du cinéaste et du narrateur est au cœur de cette création. Boujemaa El Aoufi a salué cette rencontre unique, où l’auteur d’« En attendant Ibn Rushd » propose « une écriture visuelle et scénique, une œuvre littéraire distinctive ». L’espoir est grand de voir ce roman se transformer en une œuvre dramatique, que ce soit un film ou une série télévisée, tant son potentiel visuel est palpable. Cette dimension cinématographique n’est pas un artifice, mais une composante essentielle de la narration, permettant au lecteur de « s’engager dans un jeu de suspense et de pensée », où l’imagination est stimulée et la réflexion exigée. C’est une œuvre conçue pour être « regardée », reflétant la nature même de « l’homme contemporain qui regarde ».

Une Profonde Réflexion sur la Raison et la Résistance

Au-delà de son originalité formelle, le roman visuel En attendant Ibn Rushd est une véritable question épistémologique. Boujemaa El Aoufi le décrit comme « une question cognitive, pas seulement une histoire captivante », qui interroge la place de la raison face aux violences symboliques contre la connaissance. Ibn Rushd y est présent comme « un signe culturel intemporel, l’essence du conflit », le symbole de la raison bannie et réclamée. Les lecteurs y trouvent un « projet intellectuel pour méditer sur le destin de la raison à l’époque contemporaine, à travers la littérature ». Le roman ne propose pas de solutions faciles, ni de nostalgie du passé, mais une invitation à repenser notre relation au pouvoir, à la réalité et à la vérité. Il est la preuve éloquente que « la littérature demeure un espace de résistance et de questionnement » dans un monde en constante mutation. Pour plus d’analyses littéraires, visitez Aljareeda Net Français.

En somme, Azz al-Arab al-Alaoui ne se contente pas de publier un nouveau roman ; il inaugure une nouvelle ère pour l’expression narrative. Son « roman visuel En attendant Ibn Rushd » est une œuvre audacieuse, philosophique et profondément humaine, qui force le lecteur à voir, à sentir et, surtout, à penser.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.