Le gestionnaire portuaire Marsa Maroc accélère son développement au port de Casablanca. La société a officialisé la prorogation pour une durée de vingt ans de la concession du Terminal à conteneurs 3 (TC3), qu’elle exploite déjà. Cette décision s’inscrit dans un plan d’investissement global de trois milliards de dirhams (environ 280 millions d’euros) visant à doubler les capacités de traitement du trafic conteneurisé d’ici l’année 2030.
L’annonce a été faite mardi 4 mars 2025, lors d’une cérémonie à Casablanca en présence de représentants du ministère de l’Équipement et de l’Eau, ainsi que des autorités portuaires locales. Selon les termes de l’accord, le nouveau contrat de concession court jusqu’en 2045, permettant à Marsa Maroc de sécuriser ses opérations à long terme sur ce terminal stratégique.
Capacités et investissements
Le plan d’investissement de trois milliards de dirhams sera réparti sur plusieurs phases. Une première enveloppe de 1,2 milliard de dirhams est destinée à l’acquisition de nouveaux équipements de manutention, notamment des portiques de quai et des grues mobiles de grande capacité. Une seconde enveloppe de 800 millions de dirhams sera consacrée à la modernisation des infrastructures existantes, incluant le renforcement des quais et l’extension des zones de stockage.
Le solde de un milliard de dirhams sera affecté à la numérisation des opérations portuaires et à la mise en place d’un système de gestion intégrée des flux logistiques. L’objectif affiché est de porter la capacité annuelle de traitement du TC3 de 700 000 à 1,4 million d’équivalents vingt pieds (EVP) d’ici 2030.
Contexte et enjeux
Le port de Casablanca demeure le principal hub commercial du royaume, assurant environ 60 % du trafic maritime national de marchandises. La croissance soutenue des échanges internationaux et l’émergence de nouvelles routes maritimes imposent une adaptation rapide des infrastructures portuaires.
Marsa Maroc, détenue majoritairement par l’État via la Caisse de dépôt et de gestion, exploite déjà plusieurs terminaux dans le royaume. Cette nouvelle concession consolide sa position face à la concurrence d’opérateurs internationaux tels que le groupe APM Terminals ou le chinois COSCO Shipping Ports, présents dans d’autres ports marocains.
Réactions et implications
Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a salué cette initiative lors de la cérémonie de signature. Selon lui, cet investissement permettra de renforcer la compétitivité du port de Casablanca face à des ports concurrents comme Tanger Med ou le port espagnol d’Algésiras. Il a également souligné que ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de développement portuaire à l’horizon 2040.
Des sources proches du dossier indiquent que ce plan vise également à absorber la hausse attendue du trafic lié à l’accord de libre-échange continental africain (ZLECAf) et à l’augmentation des exportations marocaines vers l’Afrique subsaharienne. Les représentants syndicaux des dockers, consultés lors des négociations, ont exprimé un avis favorable sous réserve de garanties sur l’emploi local.
Les travaux préparatoires devraient débuter dès le second semestre 2025. La première phase opérationnelle, comprenant l’achat des équipements lourds, est attendue pour 2026, avec une mise en service progressive des nouvelles capacités à partir de 2027. La finalisation complète du projet est prévue pour 2030, date à laquelle le terminal TC3 devrait atteindre sa pleine capacité nominale de 1,4 million d’EVP par an.
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