La région de l’Oriental enregistre une évolution contrastée de son tissu entrepreneurial. Le nombre de très petites et moyennes entreprises (TPME) créées a légèrement diminué, tandis que la richesse générée par ces structures a augmenté, selon les données officielles publiées par les autorités régionales.
Une baisse mesurée des créations
Les chiffres de l’Observatoire régional de l’entrepreneuriat indiquent que le nombre de nouvelles TPME immatriculées dans l’Oriental a reculé de 2,7 % au cours du premier semestre 2024 par rapport à la même période en 2023. Cette diminution concerne principalement les microentreprises individuelles, tandis que les sociétés à responsabilité limitée ont affiché une relative stabilité.
Les secteurs du commerce de détail et des services à la personne ont connu les plus fortes baisses, alors que l’artisanat et la construction ont maintenu leur dynamique. Les données proviennent du registre du commerce tenu par la direction régionale de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC).
Une hausse de la richesse produite
Paradoxalement, la valeur ajoutée brute dégagée par l’ensemble des TPME de la région a progressé de 4,1 % sur la même période. Cette augmentation traduit une amélioration de la productivité moyenne et une meilleure rentabilité des entreprises existantes, selon l’analyse du conseil régional.
Les entreprises qui ont survécu aux trois premières années d’activité affichent des taux de marge en hausse, notamment dans les secteurs du transport et de l’agroalimentaire. Les économistes locaux attribuent cette tendance à un recentrage des efforts sur l’optimisation des coûts et la montée en gamme des produits.
La croissance de la valeur ajoutée est également soutenue par les investissements dans l’équipement et la formation. Plusieurs programmes d’appui aux TPME, financés par la Banque européenne d’investissement et l’Agence de développement de l’Oriental, ont accompagné près de 450 entreprises depuis janvier 2024.
Des disparités territoriales persistantes
L’analyse par préfecture et province révèle des écarts significatifs. Oujda et Nador concentrent 62 % des nouvelles créations et l’essentiel de la croissance de la valeur ajoutée. Les provinces de Figuig et Jerada, quant à elles, peinent à renouveler leur tissu entrepreneurial en raison d’un accès limité au financement et d’une infrastructure encore insuffisante.
Les autorités locales ont mis en place des cellules d’accompagnement dédiées dans ces zones, avec un objectif de 200 nouvelles TPME d’ici la fin de l’année. Les résultats de ces mesures seront évalués lors du prochain bilan trimestriel prévu en octobre 2024.
En parallèle, le conseil régional travaille sur un schéma directeur de l’entrepreneuriat pour la période 2025-2028. Ce document devrait définir des priorités sectorielles et territoriales afin de réduire les inégalités observées tout en renforçant l’impact économique des TPME existantes.
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