Un accord stratégique a été conclu entre le groupe américain Curtiss-Wright et les autorités marocaines en marge du Farnborough International Airshow 2026, qui se tient actuellement au Royaume-Uni. Cette entente prévoit l’implantation au Maroc de la division Curtiss-Wright Surface Technologies, spécialisée dans les traitements de surface pour l’industrie aéronautique.
L’annonce a été faite le 20 juillet 2026 par le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce, confirmant une nouvelle étape dans le développement du pôle aéronautique national. Le Maroc figure déjà parmi les principaux hubs aéronautiques en Afrique, avec plus de 140 entreprises opérant dans le secteur.
Un investissement dans la maintenance et la production
La division concernée de Curtiss-Wright fournit des services de traitement thermique, de revêtement et de finition de surfaces pour les composants aéronautiques. L’usine marocaine devrait desservir à la fois les donneurs d’ordres internationaux installés dans le royaume et les marchés export.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie industrielle du Maroc, qui vise à porter à 30 % le taux d’intégration locale dans la filière aéronautique d’ici 2030. Selon des sources proches du dossier, l’investissement initial est estimé à plusieurs millions de dollars, sans que le montant exact n’ait été divulgué.
Le site choisi pour l’implantation devrait être la zone industrielle aéronautique de Nouaceur, près de Casablanca, qui accueille déjà des géants comme Boeing, Airbus et Safran. La création de plusieurs centaines d’emplois qualifiés est attendue d’ici 2028.
Un renforcement de la chaîne de valeur locale
L’arrivée de Curtiss-Wright permet de combler un maillon manquant dans la chaîne de valeur aéronautique marocaine, notamment dans les traitements de surface et la finition de pièces. Ces activités étaient jusqu’à présent souvent externalisées vers des fournisseurs européens.
Le groupe américain, fondé en 1929 et basé à Charlotte, en Caroline du Nord, réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 2,7 milliards de dollars. Sa division Surface Technologies opère déjà dans 17 pays, principalement aux États-Unis, en Europe et en Asie.
L’impact sur l’écosystème aéronautique marocain
Les experts du secteur estiment que cette implantation pourrait attirer d’autres sous-traitants spécialisés et renforcer la compétitivité du Maroc dans les appels d’offres internationaux. Le Royaume dispose déjà d’une main-d’œuvre formée via l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) et l’Académie internationale Mohammed VI de l’aviation civile.
Le Maroc exporte actuellement près de 80 % de sa production aéronautique vers l’Europe, principalement la France, l’Espagne et l’Allemagne. L’usine de Curtiss-Wright devrait approvisionner ces marchés tout en répondant aux besoins locaux.
Le ministre de l’Industrie, présent à Farnborough, a déclaré que cet accord témoigne de la confiance des investisseurs américains dans l’environnement des affaires marocain. Aucune précision n’a toutefois été donnée sur les éventuelles incitations fiscales ou douanières accordées.
La mise en service de l’unité de production est prévue pour le premier semestre 2028, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires et des certifications aéronautiques nécessaires.
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