Intempéries et Régulation : Le Retard de la Culture du Cannabis Local au Maroc face à l’Engouement des Coopératives

Intempéries et Régulation : Le Retard de la Culture du Cannabis Local au Maroc face à l’Engouement des Coopératives

Les activités agricoles au Maroc sont souvent dictées par les caprices de la météo, et cette année ne fait pas exception, notamment pour un secteur en pleine mutation : la culture du cannabis local au Maroc. Des perturbations atmosphériques inhabituelles, en particulier dans les régions septentrionales du Royaume, ont contraint à reporter le lancement de la saison de plantation de la variété indigène de cannabis, initialement prévue pour la fin janvier.

Ce report intervient alors que l’engouement pour la culture réglementée du chanvre ne cesse de croître, avec un nombre d’adhérents aux coopératives en forte augmentation. L’Agence Nationale de Réglementation des Activités relatives au Cannabis (ANRAC) avait pourtant fixé une fenêtre de plantation pour la variété locale « Beldiya » entre le 1er janvier et le 28 février, avec une possible extension jusqu’au 31 mars si les conditions climatiques l’exigeaient. Pour les variétés importées dites « Roumiya », la plantation est attendue entre avril et juin.

Les Intempéries, Principale Cause du Retard de la Culture du Cannabis Local au Maroc

Les agriculteurs, bien que préparés, ont dû faire face à des conditions météorologiques exceptionnelles. Farid Ahithour, président de la coopérative « Tizi Ifri » spécialisée dans la culture de la variété « Beldiya », a confirmé que les opérations, habituellement lancées fin janvier, ont été retardées. « En principe, nous commençons à planter fin janvier de chaque année, mais en raison des perturbations climatiques extraordinaires cette saison, nous avons reporté cette opération en attendant la stabilisation du temps », a-t-il déclaré.

Malgré ce contretemps, les préparatifs n’ont pas cessé. Les coopératives ont déjà procédé à la distribution des semences autorisées par l’ANRAC, signe d’une volonté collective d’avancer. La patience est de mise, car la qualité de la récolte dépend intrinsèquement d’un climat propice au développement de la plante.

Un Secteur en Effervescence : L’Expansion des Coopératives et du Kif Régulé

Le programme de légalisation des activités liées au cannabis a suscité un intérêt considérable. Le nombre d’agriculteurs rejoignant les coopératives opérant dans le cadre du « kif régulé » a littéralement explosé. Dans certaines structures, cette augmentation a atteint jusqu’à 50 %. Ce dynamisme témoigne d’une transition réussie, transformant une activité illégale en un levier de développement économique local.

Farid Ahithour a souligné l’ampleur de cette croissance : « Cette saison connaîtra une augmentation significative des surfaces cultivées en cannabis légal, d’autant plus que le nombre d’agriculteurs adhérents au processus de légalisation s’est multiplié à tel point que le ‘non-régulé’ n’est plus visible du tout ». La coopérative « Tizi Ifri Coop », située dans la région de Sanhaja du Rif à Al Hoceïma, a vu le nombre de ses membres augmenter d’environ 50 % cette année, une donnée encourageante pour l’avenir du secteur.

Valorisation du Patrimoine et Recherche de Partenaires

Au-delà de la simple culture, l’accent est mis sur la valorisation de la variété locale. Abdellatif Adhbib, président de la coopérative « Adhbib » à Issaguen (Al Hoceïma), a rappelé que des régions comme Ketama et Sanhaja sont historiquement réputées pour la qualité de leur « Beldiya ». Il a précisé que les agriculteurs de sa région commencent généralement à planter en avril et mai en raison du climat montagneux. Il a également salué les efforts de l’ANRAC qui mène des analyses et des expériences pour améliorer la productivité des semences locales.

Les coopératives cherchent activement de nouveaux partenaires pour la commercialisation de leurs produits. Grâce à la réputation des produits des montagnes de Tizi Ifri, des investisseurs manifestent déjà leur intérêt pour des partenariats commerciaux.

Défis et Perspectives d’Avenir

Malgré l’optimisme général, le secteur n’est pas sans difficultés. Azzedine Taghi, président de la coopérative « Najmat Eddoukkane » à Ghafsaï (province de Taounate), a exprimé des préoccupations concernant les retards de paiement de la part d’une entreprise contractante, ce qui affecte le moral des agriculteurs. Ces problèmes soulignent la nécessité d’un cadre contractuel solide et d’un suivi rigoureux pour assurer la pérennité du système.

Des appels à un soutien accru de l’État se font entendre, notamment pour l’amélioration des méthodes de plantation et d’irrigation, la fourniture d’engrais, l’accès à l’expertise technique et à l’énergie pour les agriculteurs à faible revenu, ainsi que la mise à disposition d’unités de séchage. La préservation des semences nationales face aux variétés génétiquement modifiées et importées est également une priorité majeure pour maintenir l’authenticité et la qualité du retard culture cannabis local Maroc.

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