PISA 2025 : le ministère de l’Éducation relativise la baisse des résultats et défend la réforme en cours

PISA 2025 : le ministère de l’Éducation relativise la baisse des résultats et défend la réforme en cours

Les résultats de l’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), publiés récemment, confirment, selon le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, la pertinence de la réforme éducative engagée depuis 2022. Dans un communiqué officiel, le département ministériel a tenu à préciser que ces résultats reflètent principalement les compétences acquises dans le cadre de l’ancien modèle pédagogique, et non celui des « Établissements pionniers » actuellement déployé.

Les performances des élèves marocains âgés de 15 ans, qui ont participé à cette évaluation internationale aux côtés des pays membres et partenaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), montrent un recul par rapport à l’édition précédente. La moyenne nationale passe de 365 à 355 points en mathématiques, de 339 à 321 points en compréhension de l’écrit, et de 365 à 358 points en sciences. Ces chiffres représentent une baisse respective de 10, 18 et 7 points par rapport à 2022.

Le domaine des sciences, qui constitue le principal axe d’évaluation de cette édition, enregistre toutefois la meilleure performance relative des élèves marocains. Ils obtiennent notamment 369 points dans la composante liée à l’évaluation des démarches de recherche scientifique, et 357 points dans celles portant sur l’évaluation des informations scientifiques et les sciences environnementales. Les composantes relatives à la modélisation et à la programmation affichent respectivement des scores de 374 et 369 points.

Un recul généralisé à l’échelle internationale

Le ministère souligne que cette tendance à la baisse n’est pas spécifique au Maroc. En effet, la moyenne des pays de l’OCDE a également diminué sur la même période, avec une chute de 9 points en mathématiques (de 472 à 463 points), de 15 points en compréhension de l’écrit (de 476 à 461 points) et de 3 points en sciences (de 485 à 482 points). Cette évolution traduit des défis communs rencontrés par de nombreux systèmes éducatifs à travers le monde.

Néanmoins, le ministère reconnaît que l’écart entre les performances des élèves marocains et les moyennes internationales demeure important. Il estime que ces résultats confirment que le niveau de maîtrise des apprentissages fondamentaux reste en deçà des attentes. Les difficultés constatées à l’âge de 15 ans, explique-t-il, ne sont pas uniquement liées au cycle du secondaire collégial, mais résultent d’une accumulation de lacunes qui débutent dès les premières années de l’enseignement primaire et se transmettent d’un niveau scolaire à l’autre.

La réforme des « Établissements pionniers » mise en avant

Face à ce constat, le ministère insiste sur le choix stratégique de la réforme actuelle, qui place l’amélioration des apprentissages fondamentaux au cœur du modèle des « Établissements pionniers ». Ce dispositif, lancé dans le cadre de la Feuille de route 2022-2026, vise à diagnostiquer les lacunes des élèves à un stade précoce et à y remédier, afin d’éviter leur accumulation et leur transmission d’un niveau à l’autre.

Le département de tutelle appelle à poursuivre et à accélérer la généralisation de ce modèle dans les cycles primaire et secondaire collégial. Il préconise également de renforcer les mécanismes de soutien et de remédiation pédagogiques, d’adapter les contenus d’enseignement, et de mettre à disposition des formations pratiques spécialisées ainsi que des ressources didactiques et numériques modernes. L’amélioration de l’encadrement pédagogique et de l’environnement d’apprentissage est également présentée comme une priorité.

Le ministère précise que l’évaluation de l’impact réel du modèle des « Établissements pionniers » sur le positionnement du Maroc dans PISA devra attendre que les élèves ayant bénéficié de ce modèle durant leur scolarité atteignent l’âge de participation à cette évaluation internationale. Les prochaines éditions de PISA devraient donc permettre de mesurer plus précisément les effets de cette réforme structurelle sur le système éducatif marocain.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.