Allianz Trade : le Maroc écarte le risque élevé, cinq secteurs restent sous surveillance

Allianz Trade : le Maroc écarte le risque élevé, cinq secteurs restent sous surveillance

L’assureur crédit Allianz Trade a publié, ce mardi, son Atlas des risques sectoriels à l’échelle mondiale. L’étude classe les pays et les secteurs d’activité selon leur degré de vulnérabilité économique. Pour le Maroc, les résultats indiquent qu’aucun secteur ne se trouve actuellement dans la catégorie à risque élevé. Toutefois, cinq branches d’activité demeurent placées sous vigilance en raison de leur sensibilité aux fluctuations du marché international.

Selon les données compilées par Allianz Trade, l’économie mondiale évolue selon un rythme qualifié de « trois vitesses », avec des disparités marquées entre les régions. Cette configuration affecte directement la solidité des chaînes d’approvisionnement et la demande dans plusieurs filières clés pour le Royaume.

Les cinq secteurs sous surveillance au Maroc

Les analystes d’Allianz Trade ont identifié les secteurs de l’automobile, du textile, de la métallurgie, de la chimie et du tourisme comme étant les plus exposés aux chocs conjoncturels. Ces activités, bien que non classées en risque élevé, présentent des vulnérabilités structurelles liées à leur dépendance aux marchés extérieurs et aux aléas climatiques ou géopolitiques.

Le secteur automobile, premier exportateur du pays, subit les conséquences de la transition énergétique et de la concurrence asiatique. Le textile, de son côté, reste tributaire des commandes européennes, dont la tendance est à la baisse depuis plusieurs trimestres. Quant à la métallurgie et à la chimie, elles sont confrontées à la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, tandis que le tourisme doit composer avec une reprise inégale selon les marchés émetteurs.

Un environnement macroéconomique contrasté

L’étude d’Allianz Trade place le Maroc dans une position intermédiaire, entre les économies avancées relativement stables et les marchés émergents plus fragiles. L’inflation, bien qu’en repli par rapport à 2023, continue de peser sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les marges des entreprises. Les taux d’intérêt élevés, maintenus par Bank Al-Maghrib pour juguler la hausse des prix, renchérissent le coût du crédit pour les PME.

Les auteurs du rapport notent également que les politiques publiques marocaines, notamment dans le cadre du Nouveau modèle de développement, visent à diversifier les partenariats commerciaux et à renforcer la résilience des filières industrielles. Des investissements dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert sont cités comme des leviers susceptibles de réduire la dépendance aux importations énergétiques.

Des perspectives prudentes pour les prochains mois

Allianz Trade prévoit une amélioration progressive de la conjoncture mondiale au second semestre 2025, sous réserve d’une stabilisation des prix de l’énergie et d’un apaisement des tensions géopolitiques. Pour le Maroc, cette évolution serait favorable à une reprise de la demande extérieure, en particulier dans l’automobile et l’aéronautique. Les autorités monétaires devraient poursuivre leur politique de resserrement prudent, avec un possible assouplissement attendu début 2026 si l’inflation continue de décélérer.

Dans l’intervalle, les entreprises des secteurs sous vigilance devront renforcer leur gestion des risques de crédit et diversifier leurs débouchés. Le rapport suggère que les filières les plus dynamiques, comme l’agroalimentaire et les technologies de l’information, pourraient tirer leur épingle du jeu grâce à une demande intérieure soutenue et à des niches d’exportation en croissance. Les prochaines évaluations trimestrielles d’Allianz Trade permettront de jauger l’évolution réelle de ces secteurs et d’ajuster les recommandations aux acteurs économiques.

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