Rabat, le 15 mars 2025. Les autorités marocaines ont officiellement écarté tout risque sanitaire pour les consommateurs après la détection d’un virus chez des sardines mortes en Afrique du Sud. Cette annonce intervient suite aux inquiétudes suscitées par la propagation potentielle du pathogène dans les bancs de poissons qui longent les côtes marocaines.
Déclaration officielle des autorités
Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a publié un communiqué dans lequel il affirme que les analyses effectuées par l’Institut national de recherche halieutique (INRH) confirment l’absence de tout contaminant viral dans les stocks de sardines pêchés au niveau national. Selon le communiqué, les mesures de surveillance sanitaire sont renforcées depuis plusieurs semaines afin de garantir la sécurité des produits de la mer destinés à la consommation humaine.
Le département ministériel précise que les contrôles portent à la fois sur les zones de pêche et sur les points de débarquement. Les résultats préliminaires des dernières analyses, réalisées le 12 mars, sont négatifs.
Rappel des faits
Le virus en question a été identifié dans des échantillons de sardines mortes retrouvées sur les côtes sud-africaines en février dernier. Il s’agit d’un virus spécifique aux petits pélagiques, sans transmission avérée à l’être humain. Cependant, sa découverte a inquiété les pays riverains de l’Atlantique et de la Méditerranée, dont le Maroc, qui compte parmi les principaux exportateurs de sardines à l’échelle mondiale.
Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), ce virus appartient à la famille des Birnaviridae. Il provoque des mortalités massives chez les sardines, mais aucune donnée scientifique ne démontre qu’il peut infecter l’humain ou causer des toxi-infections alimentaires.
Pêche et sécurité sanitaire au Maroc
Les autorités marocaines ont rappelé que la filière sardinière du Royaume opère sous un encadrement strict. Le dispositif national de surveillance des produits de la mer s’appuie sur un réseau de laboratoires régionaux agréés. Des protocoles de contrôle sanitaire sont appliqués à chaque étape, de la capture à la commercialisation, en conformité avec les normes européennes et internationales.
En parallèle, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) assure un suivi continu des cargaisons de poissons, qu’elles soient destinées au marché intérieur ou à l’exportation. Les contrôles récents le long de la façade atlantique, notamment à Agadir, Safi et Dakhla, n’ont révélé aucune anomalie.
Mesures de précaution et suivi
Néanmoins, le ministère a annoncé le maintien d’un niveau de vigilance accru. Des captages supplémentaires seront effectués dans différentes zones de pêche au cours des prochaines semaines. Un comité technique, composé de vétérinaires et de biologistes marins, coordonnera les actions avec l’Institut Pasteur du Maroc pour approfondir les capacités de détection.
Côté scientifique, une collaboration avec des chercheurs sud-africains est en cours pour mieux comprendre les modalités de propagation du virus. Les premiers échanges, tenus le 10 mars à Rabat, ont permis d’établir des protocoles communs d’analyse génétique.
Impact économique et commercial
Le secteur de la pêche représente environ 3 % du produit intérieur brut marocain et emploie plus de 600 000 personnes. La sardine constitue la principale ressource halieutique, avec des débarquements annuels dépassant les 700 000 tonnes dans les ports du Royaume.
Les exportations vers l’Union européenne représentent près de 70 % des volumes commercialisés. La confirmation officielle de l’absence de risque sanitaire a rassuré les importateurs européens, qui avaient temporairement suspendu certaines commandes par prudence.
Perspectives et prochaines étapes
Selon le calendrier établi par l’administration, les résultats complets des analyses en cours sur les zones côtières seront publiés le 30 mars prochain. Si les conclusions demeurent conformes, les autorités prévoient de maintenir le niveau de surveillance actuel pendant les prochains mois, tout en participant aux travaux internationaux sur la veille sanitaire des espèces marines.
Des discussions sont également en cours avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) afin d’harmoniser les mécanismes d’alerte rapide en Méditerranée et en Atlantique nord-africain.
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