Le secteur touristique marocain aborde la prochaine échéance politique dans une position favorable. En 2025, le Royaume a accueilli 19,8 millions de visiteurs, soit une progression de 14% par rapport à l’année précédente et de 5% comparé aux niveaux de 2019, avant la pandémie de Covid-19. Ces chiffres placent le Maroc en tête des destinations touristiques en Afrique et confirment la reprise durable du secteur.
Cette dynamique intervient alors qu’un nouveau gouvernement doit être formé à la suite des élections législatives. Le tourisme, poids lourd de l’économie nationale, représente environ 7% du produit intérieur brut et emploie plus de 500 000 personnes directement. Les autorités ont fixé des objectifs ambitieux : atteindre 26 millions de touristes d’ici 2030, année où le Maroc coorganisera la Coupe du monde de football avec l’Espagne et le Portugal.
Des infrastructures à renforcer
Pour absorber cette croissance, l’extension des capacités aéroportuaires figure parmi les priorités. L’aéroport Mohammed V de Casablanca, principal hub du pays, doit augmenter sa capacité pour accompagner la hausse du trafic international. Des travaux sont également prévus dans les aéroports de Marrakech, Agadir et Tanger.
Le parc hôtelier nécessite parallèlement des investissements significatifs. Le plan gouvernemental prévoit la construction de 200 000 lits supplémentaires d’ici 2030, dont une part importante dans les segments du milieu de gamme et de l’hôtellerie économique. Les zones côtières et les régions intérieures, moins saturées, sont appelées à bénéficier de ces développements.
Formation et ressources humaines
La question des compétences constitue un enjeu central. Les professionnels du secteur signalent régulièrement des difficultés de recrutement dans les métiers de l’hôtellerie, de la restauration et de l’animation touristique. Les instituts de formation spécialisés devront augmenter leur capacité d’accueil et adapter leurs programmes aux exigences du marché.
Le prochain gouvernement héritera également du dossier de la régulation du secteur locatif touristique. La concurrence des plateformes de location entre particuliers a modifié les équilibres sur certains marchés urbains, notamment à Marrakech et Casablanca. Un encadrement plus strict est envisagé pour garantir des conditions équitables entre les acteurs traditionnels et les nouvelles formes d’hébergement.
Durabilité et diversification
La gestion des ressources en eau représente un défi majeur pour les régions touristiques, particulièrement dans le sud du pays. Les établissements hôteliers sont encouragés à adopter des pratiques plus économes, tandis que des projets de dessalement sont en cours de développement.
La diversification des marchés émetteurs reste par ailleurs une priorité stratégique. Si l’Europe demeure la principale source de visiteurs, le Maroc cherche à attirer davantage de touristes en provenance d’Amérique du Nord, d’Asie et du Moyen-Orient. L’ouverture de nouvelles liaisons aériennes directes constitue un levier essentiel pour atteindre cet objectif.
Le tourisme intérieur, longtemps sous-exploité, fait l’objet d’une attention accrue. Les Marocains eux-mêmes représentent une clientèle potentielle importante, notamment pendant les périodes de vacances scolaires et les longs week-ends.
Calendrier et prochaines étapes
La formation du nouveau gouvernement devrait s’achever dans les prochaines semaines. Le programme de relance touristique, baptisé Cap 2030, prévoit des échéances précises pour la réalisation des infrastructures et l’atteinte des objectifs de fréquentation. Les opérateurs du secteur attendent des clarifications sur les budgets alloués et les modalités de mise en œuvre des chantiers annoncés.
Les premières décisions du prochain exécutif en matière de tourisme seront scrutées de près par les professionnels, alors que le compte à rebours vers la Coupe du monde 2030 a déjà commencé.
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