Les hostilités ont repris mercredi le long de la frontière afghano-pakistanaise, causant la mort d’au moins deux civils et faisant plusieurs blessés dans l’est de l’Afghanistan. Cette reprise des violences intervient peu après l’expiration d’une trêve de courte durée convenue à l’occasion de l’Aïd Al-Fitr.
Selon les autorités talibanes afghanes, des forces pakistanaises ont bombardé les districts de Narai et de Sarkano, dans la province du Kunar, avec des dizaines d’obus d’artillerie. Ziaur Rahman Speenghar, directeur du département de l’information et de la culture du Kunar, a fait état de deux civils tués et de huit autres blessés.
Les forces frontalières afghanes ont riposté, détruisant selon la même source trois postes militaires pakistanais et tuant une personne. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.
Des versions contradictoires sur l’origine des tirs
L’armée pakistanaise n’a pas émis de commentaire officiel dans les premières heures suivant ces incidents. Cependant, un responsable local pakistanais dans le nord-ouest du pays a accusé les forces afghanes d’avoir initié les échanges de tirs dans plusieurs secteurs frontaliers.
Cette nouvelle flambée de violence survient environ une semaine après un accord de cessation des hostilités entre Islamabad et Kaboul. Cet accord avait marqué une accalmie temporaire suite à des frappes aériennes pakistanaises en territoire afghan.
Contexte d’un différend sécuritaire persistant
Le gouvernement afghan avait alors affirmé que ces raids aériens avaient visé un hôpital de traitement des toxicomanies à Kaboul, causant la mort de plus de 400 personnes. Islamabad a nié avoir visé des civils, arguant que ses frappes ciblaient un dépôt de munitions.
Parallèlement, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), également connu sous le nom de talibans pakistanais, a annoncé avoir repris ses attaques à l’intérieur du Pakistan. Ce groupe avait observé un cessez-le-feu de trois jours pour l’Aïd.
Distinct mais allié aux talibans afghans, le TTP a intensifié ses attaques au Pakistan depuis le retour au pouvoir des talibans à Kaboul en 2021. Désigné comme organisation terroriste par les États-Unis et les Nations unies, ce groupe est accusé par Islamabad de bénéficier de la protection de l’Afghanistan.
Les autorités pakistanaises affirment que les dirigeants du TTP et des milliers de ses combattants se trouvent en Afghanistan, d’où ils mèneraient des opérations transfrontalières. Le gouvernement taliban afghan réfute systématiquement ces accusations.
Les positions officielles et les perspectives
Islamabad a déclaré qu’il continuerait à cibler le TTP et ses partisans en Afghanistan tant que le gouvernement taliban n’aura pas donné d’assurances fermes que le territoire afghan ne servira pas de base à des attaques.
La trêve récemment rompue avait été annoncée conjointement par les deux parties après une médiation conduite par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar. Sa brève durée illustre la fragilité des mécanismes de désescalade dans cette région instable.
Les observateurs régionaux s’attendent à ce que les tensions persistent tant que la question de la présence et des activités du TTP ne sera pas résolue. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, craignant une déstabilisation plus large de la région.
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