L’armée israélienne a mené mercredi une série de frappes aériennes d’une intensité inédite sur le Liban, ciblant notamment la capitale Beyrouth et faisant au moins 112 morts et 837 blessés selon un bilan provisoire des autorités libanaises. Ces attaques surviennent alors que les États-Unis et l’Iran ont annoncé une trêve de deux semaines, un accord que les responsables israéliens et américains affirment ne pas inclure le territoire libanais.
Les frappes, décrites par Tsahal comme sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le début de la guerre régionale le 28 février, ont touché le cœur de Beyrouth en pleine heure d’affluence. Des journalistes de l’AFP sur place ont rapporté des scènes de panique, des immeubles en flammes, des voitures calcinées et des débris jonchant les rues, tandis que les ambulances circulaient avec leurs sirènes hurlantes.
Une attaque en début de soirée a visé un quartier résidentiel de la capitale, provoquant l’effondrement partiel d’un bâtiment. Un journaliste a témoigné avoir vu une jeune fille bloquée dans l’un des étages supérieurs. L’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth a lancé un appel urgent aux dons de sang pour tous les groupes sanguins.
Réactions internationales et locales
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a lancé un appel à « tous les amis du Liban » pour qu’ils viennent en aide au pays et fassent cesser ces attaques « par tous les moyens ». Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, présent à Beyrouth au moment des frappes, a dénoncé les bombardements sur le réseau X. Il a estimé que le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l’Iran devait inclure le Liban.
De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a félicité l’armée pour l' »exécution parfaite » d’une opération qu’il a décrite comme une attaque surprise contre « des centaines de terroristes du Hezbollah dans des centres de commandement à travers le Liban ». L’armée israélienne a précisé avoir ciblé, en l’espace de dix minutes et de manière simultanée, une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires du mouvement pro-iranien à travers le pays.
Contexte régional et bilans
Le Hezbollah s’est déclaré « en droit de riposter » à ces frappes sanglantes. Le mouvement avait entraîné le Liban dans le conflit régional le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Le président américain Donald Trump a confirmé les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon lesquels l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran ne concernait pas le Liban. Cependant, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a affirmé que les États-Unis, l’Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu « partout », y compris au Liban, à la suite d’une médiation pakistanaise.
Mercredi matin, l’armée israélienne avait demandé aux civils d’évacuer plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth ainsi qu’une vaste zone s’étendant de la frontière israélienne jusqu’au fleuve Zahrani, plus au nord. Les frappes ont également visé la plaine de la Békaa, dans l’est du pays, et le sud du Liban.
Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus de 1 500 morts et plus d’un million de déplacés. Le bilan de la seule journée de mercredi s’élève à au moins 112 tués et 837 blessés.
La communauté internationale suit avec inquiétude l’évolution de la situation, alors que les déclarations contradictoires sur la portée géographique de la trêve annoncée laissent planer le risque d’une escalade continue au Liban. Les prochaines heures devraient être déterminantes, avec une riposte attendue du Hezbollah et des pressions diplomatiques accrues pour étendre le cessez-le-feu à l’ensemble du territoire libanais.
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