Les adouls du Maroc ont entamé une grève ouverte et un arrêt total de leurs activités ce lundi 13 avril 2026, dans l’ensemble des juridictions du royaume. Cette mobilisation nationale, décidée par l’Instance nationale des Adouls, fait suite à une impasse dans les discussions avec le ministère de la Justice concernant le projet de loi n° 16.22 portant sur l’organisation de la profession.
Le bureau exécutif de l’Instance nationale des Adouls a justifié cette action par le blocage persistant des négociations. Les représentants de la profession dénoncent l’absence de concertation réelle autour du texte législatif et le rejet de leurs propositions d’amendement. Ils réaffirment leur refus catégorique de la version actuelle du projet de loi.
Une mobilisation progressive
Ce durcissement du mouvement intervient après plusieurs semaines de protestation. Des arrêts de travail successifs ont été observés depuis le mois de février dernier. La mobilisation a culminé avec une manifestation nationale organisée le 2 avril devant le Parlement, qui avait rassemblé un grand nombre de professionnels venus de différentes régions du pays.
Les griefs de la profession
Sur le terrain, les adouls expriment une forte opposition au texte. Alami Driss, secrétaire national du syndicat des Adouls, a déclaré que ce projet était perçu comme une catastrophe, non seulement pour les adouls, mais aussi pour l’ensemble des citoyens. Il a souligné que la mobilisation à Rabat illustrait le rejet massif du texte par la profession.
Hafida Mouline, adoul au tribunal de Rabat, a pour sa part qualifié ce mouvement d’appel direct au ministre de la Justice. Elle a évoqué une atteinte à la dignité de la profession et insisté sur des enjeux plus larges, indiquant que ce qui était en jeu dépassait le seul corps des adouls et concernait également les droits des citoyens et la sécurité juridique.
Des dispositions controversées
Les critiques portent sur plusieurs dispositions du projet de loi que les adouls jugent déconnectées de la réalité de leur métier. Ils dénoncent des mécanismes qu’ils estiment contraignants et susceptibles de fragiliser leur rôle central dans l’authentification des actes juridiques, ce qui pourrait, selon eux, déséquilibrer l’organisation du champ juridique.
La profession alerte également sur les conditions d’exercice, notamment pour les femmes adouls. Les représentants estiment que le texte en l’état ne garantit ni la sérénité ni la sécurité nécessaires à la pratique quotidienne du métier.
Les conséquences et les revendications
Les adouls mettent en garde contre les conséquences de cette paralysie annoncée de leurs activités, qui devrait impacter de nombreuses démarches administratives et juridiques des citoyens. Ils imputent toutefois la responsabilité de cette situation au blocage des négociations de la part des autorités.
À travers cette grève, la profession espère contraindre le gouvernement à rouvrir le dialogue et à revoir en profondeur le contenu du projet de loi. Les revendications vont jusqu’à réclamer le retrait pur et simple du texte ou, à défaut, son gel immédiat.
Une conférence de presse devrait être organisée par les représentants des adouls dans les prochains jours. Son objectif sera de détailler les prochaines étapes de ce mouvement de protestation et de préciser la stratégie à suivre tant que les discussions avec le ministère de la Justice resteront au point mort.
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