Pétrole : les cours dépassent 100 dollars après l’annonce d’un blocus américain des ports iraniens

Pétrole : les cours dépassent 100 dollars après l’annonce d’un blocus américain des ports iraniens

Les prix du pétrole ont connu une forte hausse lundi, dépassant le seuil des 100 dollars le baril, à la suite de l’annonce par les États-Unis d’un blocus des ports iraniens. Cette décision intervient après l’échec de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis tenus au Pakistan durant le week-end.

Vers 05h30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai gagnait 8,44%, pour s’échanger à 104,72 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, s’échangeait quant à lui à 102,16 dollars, en progression de 7,31%.

Les termes du blocus américain

L’armée américaine a indiqué que le blocus des ports iraniens débuterait lundi à 14h00 GMT. Elle a précisé que la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran serait autorisée à traverser le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique voit transiter environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.

En réaction, le chef de la marine militaire iranienne, l’amiral Shahram Irani, a qualifié les menaces américaines de « ridicules et amusantes ».

Contexte des négociations et réactions des marchés

Cet épisode fait suite à l’échec de négociations irano-américaines ce week-end. Le Pakistan, pays hôte de ces discussions, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue entre les deux parties. Aucune des parties ne s’est exprimée sur le devenir de ce cessez-le-feu, qui est censé expirer le 22 avril.

Kathleen Brooks, analyste chez XTB, a observé que les marchés entamaient une nouvelle semaine « sur fond d’escalade du conflit ». Elle a souligné que l’Iran considérerait toute approche de navires militaires américains dans le détroit d’Ormuz comme une violation de l’accord de cessez-le-feu, susceptible d’entraîner une riposte militaire. « La perspective d’une reprise des combats pourrait perturber les marchés et faire grimper les prix du pétrole », a-t-elle insisté.

Charu Chanana, de Saxo Markets, a pour sa part relevé que « même sans reprise totale des hostilités, le prix du brut devrait rester soutenu tant que le détroit demeurera un point de tension ». Elle a tempéré en ajoutant que la diplomatie n’étant pas totalement abandonnée, on n’observait pas un retour automatique aux niveaux de panique les plus extrêmes du début du conflit.

Impact sur d’autres actifs financiers

L’or a chuté en début de séance lundi, perdant jusqu’à 2,2%, avant de se stabiliser autour de 4 721 dollars l’once vers 05h30 GMT. Cette baisse est attribuée au retour des craintes inflationnistes, accrues par la flambée des prix du pétrole. Une inflation plus élevée pourrait inciter les banques centrales à relever ou retarder la baisse de leurs taux d’intérêt, ce qui est généralement défavorable à l’or, un actif ne générant pas de rendement.

Parallèlement, le dollar américain s’est apprécié de 0,26% face au yen japonais, s’échangeant à 159,69 yens pour un dollar.

Perspectives et prochaines étapes

La situation actuelle place les investisseurs dans une position instable, entre guerre et paix. Comme l’a noté Charu Chanana, chaque information en provenance du détroit d’Ormuz, de Washington, de Téhéran ou d’Israël est susceptible de faire fluctuer les marchés rapidement.

Les prochains jours seront déterminants, avec l’échéance du cessez-le-feu prévue le 22 avril. La communauté internationale surveillera attentivement les mouvements militaires dans le détroit d’Ormuz et toute déclaration officielle des parties en conflit. La poursuite ou non du blocus américain et la réponse de l’Iran conditionneront l’évolution des prix de l’énergie et la stabilité des marchés financiers dans la région.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.