Vendredi, des habitants du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth ont commencé à regagner leurs foyers, souvent dévastés, suite à l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours annoncé par le président américain Donald Trump. La trêve, effective depuis minuit heure locale (21H00 GMT jeudi), constitue une condition posée par Téhéran pour poursuivre les négociations avec les États-Unis en vue d’une fin durable au conflit déclenché fin février. Ce retour massif intervient après un mois et demi d’affrontements entre Israël et le Hezbollah qui ont fait plus de 2 000 morts côté libanais.
Dès l’annonce du cessez-le-feu, des tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, selon des journalistes de l’AFP. Vendredi matin, une longue file de véhicules, chargés de matelas et d’effets personnels, s’est formée sur l’autoroute du sud. Un embouteillage important s’est créé au niveau du pont de Qasmiyeh, reliant la région de Tyr au reste du pays. Ce pont, endommagé jeudi par des frappes israéliennes, a été réparé dans la nuit par l’armée libanaise pour permettre le passage.
La population semble ignorer les avertissements de l’armée israélienne, qui a demandé aux civils de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani et affirmé maintenir son occupation de la zone frontalière. Près d’un million de personnes, soit environ un cinquième de la population libanaise, avaient été déplacées par les combats, selon les estimations des Nations unies.
Les termes de l’accord et les réactions
Donald Trump a annoncé jeudi qu’Israël et le Liban s’étaient mis d’accord sur cette trêve de dix jours. Il a ajouté travailler à l’organisation d’une première rencontre à la Maison Blanche entre le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Ce dernier a salué l’accord, y voyant une chance de « paix historique » avec Beyrouth, tout en réitérant son exigence d’un désarmement préalable du Hezbollah.
De son côté, le Premier ministre libanais par intérim, Nawaf Salam, a également accueilli positivement l’annonce du cessez-le-feu. Ibrahim Moussaoui, un député du Hezbollah, a déclaré à l’AFP que le mouvement observerait la trêve « à condition qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités contre nous et qu’Israël ne l’exploite pas pour mener des assassinats ».
Contexte régional et négociations en cours
Le Liban a été entraîné dans ce conflit régional début mars lorsque le Hezbollah a lancé des attaques contre Israël en soutien à l’Iran, visé par une vaste offensive israélo-américaine. Le bilan des frappes israéliennes au Liban s’élève à près de 2 200 morts, selon le ministère libanais de la Santé.
Parallèlement, les tractations diplomatiques se poursuivent. Sous l’égide du Pakistan, une deuxième session de négociations entre les États-Unis et l’Iran est en préparation, visant à mettre un terme définitif à la guerre. Une première session s’était tenue à Islamabad le week-end dernier sans aboutir à un accord. Donald Trump a affirmé jeudi que les deux pays étaient « très proches » d’un arrangement, précisant que Téhéran avait accepté de céder son uranium enrichi, une des principales exigences de Washington. Le gouvernement iranien n’a pas immédiatement confirmé cette information.
La situation reste fragile alors que les déplacés libanais découvrent l’étendue des destructions. Les prochains jours seront décisifs pour voir si la trêve de dix jours tient et peut servir de base à des discussions plus larges, notamment sur le désarmement du Hezbollah, point de crispation majeur avec Israël. La communauté internationale surveille également l’évolution des pourparlers américano-iraniens, dont l’issue pourrait influencer la stabilité de l’ensemble de la région.
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