Ce samedi, huit navires pétroliers et méthaniers ont traversé le détroit d’Ormuz lors d’une brève réouverture de cette voie maritime stratégique, avant que l’Iran n’annonce le rétablissement de son « strict contrôle ». Selon les données de suivi maritime Kpler, d’autres bâtiments ont fait demi-tour et deux ont été la cible d’attaques attribuées à des embarcations iraniennes. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions régionales persistantes et de maintien du blocus américain des ports iraniens, une situation qui impacte directement les flux énergétiques mondiaux et la sécurité de la navigation.
La plateforme MarineTraffic a indiqué que plusieurs pétroliers transportant du pétrole brut s’étaient approchés du détroit avant de rebrousser chemin près de l’île iranienne de Larak. Quatre porte-conteneurs de l’armateur français CMA CGM ont également fait demi-tour samedi vers 10h00 GMT après avoir commencé à sortir du détroit.
Incidents de sécurité maritime
L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté deux incidents distincts. Le premier implique un pétrolier approché par deux vedettes des Gardiens de la Révolution islamique à 37 kilomètres au nord-est d’Oman. Selon le communiqué de l’UKMTO, ces embarcations ont ouvert le feu sur le navire sans émission d’avertissement radio préalable. Le pétrolier et son équipage sont déclarés sains et saufs, et une enquête est en cours.
Dans un second temps, l’UKMTO a signalé qu’un porte-conteneurs naviguant dans la même zone avait été « touché par un projectile inconnu » ayant endommagé certains conteneurs, sans provoquer d’incendie. Ces attaques interviennent alors que le guide suprême Mojtaba Khamenei avait averti, dans un message écrit, que la marine iranienne se tenait « prête à faire goûter à l’ennemi l’amer-tume de nouvelles défaites ».
Contexte géopolitique et trafic maritime
L’Iran avait initialement rouvert le détroit vendredi avant d’inverser sa décision le lendemain, invoquant la poursuite du blocus américain. Au moins trois des navires ayant traversé le détroit samedi figuraient sur la liste des sanctions américaines. Par mesure de précaution, certains navires présents dans la zone diffusaient une identité les liant à l’Inde ou à la Chine, perçues comme des nations neutres dans ce conflit.
Selon une note de la société d’analyse AXSMarine publiée samedi, entre 108 et 116 millions de barils de pétrole brut sont actuellement stockés sur des navires en mer dans le Golfe. L’analyse estime que cette cargaison pourrait traverser le détroit en six à huit jours après une réouverture complète, mais que les expéditions mettraient plusieurs semaines à atteindre les principaux marchés asiatiques.
Malgré les tensions, un trafic limité a été observé. Le paquebot de croisière Celestyal Discovery a franchi le détroit vendredi après-midi sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février. Au moins deux autres navires de passagers ont été repérés traversant la zone samedi près d’Oman.
Les autorités maritimes internationales continuent de surveiller la situation de très près. La sécurité de ce point de passage crucial, par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, reste une préoccupation majeure pour les marchés énergétiques et la stabilité régionale. Les prochaines heures devraient être déterminantes pour savoir si une réouverture négociée et sécurisée du détroit est possible, ou si les fermetures et incidents sporadiques vont se poursuivre.
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