Un projet structurant, dénommé « Ferma », a été lancé dans la région de Khénifra pour professionnaliser la filière des plantes aromatiques et médicinales (PAM) du Parc national de Khénifra. Cette initiative, qui intervient au cours du premier trimestre de l’année en cours, vise à transformer un potentiel naturel en levier économique durable pour les coopératives locales, en répondant aux défis de la commercialisation et de la valorisation de ces ressources.
Le parc national, qui s’étend sur une partie du Moyen-Atlas, abrite une biodiversité riche comprenant des espèces comme le romarin, le thym, la lavande et la menthe des montagnes. Ces plantes représentent une source de revenus importante pour les populations rurales de la zone, notamment à travers leur cueillette et leur vente en l’état.
Objectifs et axes d’intervention
Le projet Ferma se concentre sur plusieurs axes prioritaires. Il entend d’abord organiser et formaliser la chaîne de valeur, de la cueillette à la commercialisation. Un accent particulier est mis sur la formation des membres des coopératives aux bonnes pratiques de récolte durable, afin de préserver les écosystèmes du parc.
Par ailleurs, le programme prévoit le renforcement des capacités de transformation primaire. L’objectif est de permettre aux acteurs locaux de proposer des produits à plus forte valeur ajoutée, comme des huiles essentielles ou des plantes séchées conditionnées, plutôt que de se limiter à la vente de matière brute.
L’amélioration de l’accès aux marchés, tant nationaux qu’internationaux, constitue un autre pilier. Le projet travaille à l’établissement de circuits de distribution plus fiables et à la mise en conformité des produits avec les standards de qualité exigés, un facteur clé pour leur compétitivité.
Contexte et enjeux économiques
La filière des plantes aromatiques et médicinales au Maroc, bien que prometteuse, fait souvent face à des difficultés de fragmentation et d’informalité. Dans le Moyen-Atlas, cette activité est cruciale pour l’économie des ménages ruraux, mais elle reste vulnérable aux fluctuations des prix et à la concurrence.
La professionnalisation de la filière via le projet Ferma répond donc à un besoin de stabilisation des revenus pour les coopératives. Elle s’inscrit également dans une logique de préservation d’un patrimoine naturel, en encadrant l’exploitation pour éviter la surexploitation des ressources.
Les porteurs du projet insistent sur l’importance d’une approche collaborative, associant les cueilleurs, les coopératives, les autorités du parc et les experts techniques. Cette gouvernance partagée est considérée comme essentielle pour la pérennité des actions entreprises.
Perspectives et prochaines étapes
Les activités sur le terrain, incluant les diagnostics précis des besoins et les premières sessions de formation, sont actuellement en cours de déploiement. La phase initiale du projet se concentre sur un nombre limité de coopératives pilotes, avec l’ambition d’élargir le dispositif en fonction des résultats obtenus.
Un calendrier de travail a été établi pour les mois à venir. Il prévoit notamment l’équipement des unités de transformation sélectionnées, la mise en place de protocoles qualité et l’initiation de démarches pour l’obtention de certifications, qui peuvent représenter un atout commercial majeur.
Les responsables du projet indiquent que l’évaluation des premiers impacts économiques et environnementaux est prévue d’ici la fin de l’année prochaine. Cette évaluation permettra d’ajuster les méthodologies et, le cas échéant, de dupliquer le modèle dans d’autres zones riches en plantes aromatiques et médicinales au Maroc.
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