Téhéran annonce avoir perçu ses premiers revenus des droits de passage dans le détroit d’Ormuz

Téhéran annonce avoir perçu ses premiers revenus des droits de passage dans le détroit d’Ormuz

Un haut responsable du Parlement iranien a confirmé, jeudi 22 février 2024, que la République islamique d’Iran avait commencé à percevoir les premiers recettes issues des droits de passage instaurés dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Cette annonce, rapportée par l’agence de presse Tasnim, marque une étape concrète dans la mise en œuvre d’une mesure controversée qui suscite des interrogations au sein de la communauté internationale et des pays riverains, dont le Maroc.

Des fonds déposés à la Banque centrale

Selon les déclarations de Hamidreza Hajibabaei, vice-président du Parlement iranien, les premiers montants collectés au titre de ces droits de passage ont été versés sur le compte de la Banque centrale d’Iran. « Les premiers revenus provenant des droits de passage du détroit d’Ormuz ont été déposés sur le compte de la Banque centrale », a précisé le responsable, cité par l’agence Tasnim. Plusieurs médias iraniens et internationaux ont relayé cette information sans apporter de détails supplémentaires sur le montant perçu ou le mode de calcul appliqué.

Un détroit sous haute tension

Le détroit d’Ormuz, large d’environ 33 kilomètres à son point le plus étroit, constitue un passage obligé pour près d’un tiers du trafic mondial de pétrole brut et une part significative du gaz naturel liquéfié. L’instauration unilatérale de droits de passage par Téhéran intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, marqué par les sanctions internationales visant le programme nucléaire iranien et les différends diplomatiques avec les pays du Conseil de coopération du Golfe. Pour les économies dépendantes des importations énergétiques, notamment celles d’Afrique du Nord et du Maghreb, toute perturbation ou taxation supplémentaire dans cette zone pourrait avoir des répercussions sur les coûts d’approvisionnement.

Implications pour le Maroc

Bien que le Maroc ne soit pas directement riverain du détroit d’Ormuz, le Royaume importe une part notable de ses hydrocarbures via cette route maritime. Les analystes suivent de près l’évolution de cette mesure, car une hausse des coûts de transit pourrait se traduire par une augmentation des prix à la pompe et des tensions sur la balance commerciale marocaine. Rabat entretient par ailleurs des relations diplomatiques distantes avec Téhéran, ce qui limite les possibilités de négociation directe.

Réactions et prochaines étapes

À ce stade, aucune réaction officielle n’a été émise par les autorités marocaines ou par les organisations internationales compétentes, telles que l’Organisation maritime internationale (OMI). Les experts juridiques estiment que la légalité de ces droits de passage au regard du droit de la mer, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), reste contestable. Dans les semaines à venir, il est attendu que les pays utilisateurs de cette voie maritime, en particulier les membres de l’Union européenne et les États asiatiques importateurs de pétrole, formulent des observations officielles ou envisagent des mesures de rétorsion diplomatique.

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