La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a attribué la réussite du Maroc dans le domaine de la transition énergétique à une combinaison de facteurs structurels et de choix stratégiques. Dans un entretien accordé à la chaîne « Asharq Business », elle a insisté sur le fait que cette performance n’est pas le fruit du hasard.
Un mix énergétique diversifié et ambitieux
Selon Mme Benali, le Royaume a su mobiliser des ressources naturelles abondantes, notamment l’énergie solaire et éolienne, pour construire un mix énergétique équilibré. Le Maroc vise à porter la part des énergies renouvelables à 52 % de sa capacité installée totale d’ici 2030. Elle a rappelé que le pays a déjà atteint 40 % de cet objectif, ce qui le place parmi les leaders régionaux en la matière.
La ministre a souligné le rôle clé des infrastructures, en citant le complexe Noor à Ouarzazate, l’une des plus grandes centrales solaires thermodynamiques au monde. Elle a également évoqué les parcs éoliens de Tarfaya et de Laâyoune, qui contribuent significativement à la production d’électricité propre.
Un cadre juridique et institutionnel favorable
Leïla Benali a mis en avant la continuité des politiques publiques et l’engagement des gouvernements successifs. La loi 13.09 relative aux énergies renouvelables et la création de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) ont été citées comme des piliers juridiques essentiels. Ces dispositifs ont permis d’attirer des investissements privés, nationaux et internationaux, dans le secteur.
Elle a également mentionné la stratégie nationale de l’hydrogène vert, en cours de développement, comme un nouveau vecteur de croissance. Le Maroc ambitionne de devenir un hub régional pour la production et l’exportation de cette énergie propre, en s’appuyant sur ses ressources solaires et éoliennes compétitives.
Des résultats tangibles et des défis persistants
La ministre a présenté des données factuelles pour étayer ses propos. La capacité installée en énergies renouvelables a augmenté de près de 70 % entre 2015 et 2023. Par ailleurs, le coût de production de l’électricité solaire a baissé de plus de 60 % sur la même période, rendant cette énergie plus accessible. Ces progrès ont contribué à réduire la dépendance énergétique du Maroc, qui importe encore plus de 90 % de ses besoins en hydrocarbures.
Interrogée sur les difficultés, Mme Benali a reconnu que l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique national reste un défi technique. Elle a évoqué la nécessité de moderniser les infrastructures de transport et de stockage, ainsi que de renforcer l’interconnexion avec les réseaux européens et africains. La question de la formation de la main-d’œuvre qualifiée a également été abordée comme un point d’attention.
Une coopération internationale renforcée
La ministre a salué le partenariat avec l’Union européenne et la Banque mondiale, qui soutiennent des projets de décarbonation et d’efficacité énergétique. Elle a également souligné l’initiative marocaine pour le développement de l’hydrogène vert, qui bénéficie de l’appui technique de plusieurs pays européens.
Selon elle, ces collaborations permettent de transférer des technologies et d’accélérer la transition vers une économie bas carbone. Le Maroc participe également à des forums internationaux, tels que la COP, où il présente ses réalisations comme modèle pour les pays en développement.
Dans les prochains mois, le gouvernement prévoit de lancer de nouveaux appels d’offres pour des projets solaires et éoliens, ainsi qu’un plan d’action national pour l’hydrogène vert. Les résultats de ces initiatives devraient être connus d’ici la fin de l’année 2024, selon les indications fournies par Leïla Benali.
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