Bruxelles, vendredi. Les citoyens belges demeurent majoritairement opposés à toute forme de ralentissement des mesures de transition climatique, et considèrent le changement climatique comme l’une de leurs principales préoccupations. C’est ce que révèle la sixième édition de l’Enquête nationale sur le climat, publiée vendredi par le Service public fédéral (SPF) de la Santé publique.
Réalisée entre janvier et février derniers auprès d’un échantillon représentatif de 1.609 Belges, l’enquête indique que les questions environnementales constituent la troisième plus grande source de préoccupation pour 72 % des personnes interrogées. Elles sont devancées par l’inflation (81 %) et les impôts et taxes (75 %), mais arrivent loin devant l’immigration (59 %) et l’emploi (54 %).
Un rejet clair des appels à la pause
Ces résultats interviennent alors que plusieurs responsables politiques en Europe et en Belgique ont récemment appelé à une mise entre parenthèses des mesures de transition climatique, afin de soutenir une industrie européenne en grandes difficultés. L’enquête montre que cette idée ne séduit pas les Belges. Plus de huit personnes sur dix estiment en effet que la Belgique et l’Union européenne doivent au minimum maintenir le rythme actuel, voire l’accélérer.
En outre, 78 % de la population juge que le dérèglement climatique doit être traité de manière urgente. Le ministre fédéral belge de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, Jean-Luc Crucke, a commenté ces résultats en ces termes : « Les résultats de cette enquête sont très clairs et particulièrement parlants. Ils démontrent que l’action climatique reste une attente forte et constante de la population belge, tant en ce qui concerne l’adaptation qu’en ce qui concerne l’atténuation. »
Les préoccupations environnementales détaillées
Au sein des questions environnementales, le changement climatique figure parmi les premières préoccupations (72 %), mais il est devancé par plusieurs autres enjeux. Ainsi, 79 % des Belges s’inquiètent de la disparition des forêts tropicales, 77 % de la pollution de l’eau, 75 % de la pollution de l’air, 75 % des produits chimiques et substances dangereuses, 75 % des espèces exotiques invasives, et 74 % de la pollution des sols.
Le sondage confirme également un large consensus sur l’origine anthropique du réchauffement climatique : 73 % des Belges l’attribuent à l’activité humaine, en accord avec les données scientifiques. Toutefois, 17 % des sondés pensent qu’il est d’origine naturelle, et une infime part, soit 2 %, croit qu’il n’y a pas de réchauffement climatique.
Un appel à l’action publique contre la désinformation
Une grande majorité des répondants (70 %) estiment que les pouvoirs publics doivent agir contre la désinformation sur les questions climatiques. Par ailleurs, 67 % des sondés considèrent que les modes de vie devront évoluer de manière significative pour faire face au dérèglement climatique, tout en insistant sur l’importance d’une répartition équitable des efforts.
Si 66 % des Belges approuvent des mesures systémiques telles qu’une taxe carbone sur les importations, et si 63 % sont favorables à un objectif de 45 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, les avis divergent nettement sur les mesures ayant un impact direct sur leur quotidien. Ainsi, l’interdiction des nouvelles voitures thermiques à partir de 2035 n’est soutenue que par 30 % des sondés (contre 44 % qui s’y opposent). De même, un prix du CO2 pour les ménages et les petites entreprises à partir de 2027 n’est approuvé que par 29 % des personnes interrogées (42 % sont contre).
L’enquête a été menée par le SPF Santé publique, et ses résultats complets sont disponibles sur le site officiel de l’institution. Aucune information n’a été communiquée sur une éventuelle prochaine édition de ce baromètre.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire