L’Iran a estimé, mardi, que les États-Unis n’étaient plus en mesure de dicter leur politique à d’autres pays, alors que l’administration américaine examine une nouvelle proposition iranienne visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz et de l’offensive israélo-américaine qui fragilise l’économie mondiale.
Une position iranienne ferme
« Les États-Unis ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes », a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par la télévision d’État. Il a appelé Washington à renoncer à ses « exigences illégales et irrationnelles ».
Cette déclaration survient alors que les États-Unis disent examiner les dernières propositions iraniennes pour débloquer le détroit d’Ormuz, deux mois après le déclenchement de l’offensive israélo-américaine qui perturbe le commerce maritime mondial.
Washington étudie la proposition iranienne
Une nouvelle proposition iranienne est « en cours d’examen », a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, après des informations de presse selon lesquelles Téhéran a fait une nouvelle offre via les médiateurs pakistanais. Les tentatives de relance des discussions sur un arrêt durable des hostilités et la réouverture du détroit d’Ormuz, ébauchées il y a plus de deux semaines au Pakistan, ont jusqu’à présent échoué face à la fermeté affichée par les deux camps, bien qu’un cessez-le-feu soit en vigueur depuis bientôt trois semaines.
Avant le conflit, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz, désormais soumis à un double blocus iranien et américain qui fait flamber les cours.
Détails de l’offre iranienne
Selon le site Axios, relayé par l’agence officielle iranienne Irna, Téhéran a formulé une nouvelle offre qui vise à rouvrir le détroit tout en renvoyant à une date ultérieure les négociations sur le dossier nucléaire. À Washington, où le président Donald Trump a conduit une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité lundi, l’administration américaine ne s’est pas exprimée sur le détail de la proposition.
« Nous n’allons clairement pas négocier par voie de presse », a indiqué le secrétaire d’État Marco Rubio, interrogé sur le sujet. Il a toutefois assuré que l’offre « est meilleure que ce que nous pensions qu’ils nous proposeraient », tout en insistant : « Nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d’avoir à tout moment l’arme nucléaire à leur portée. »
Réactions et consultations
Après l’annulation par les États-Unis d’un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine. Il a à cette occasion imputé l’échec des pourparlers aux « exigences excessives » des États-Unis. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l’Iran malgré les milliers de frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.
Perspectives
Les discussions devraient se poursuivre dans les prochains jours, mais aucun calendrier officiel n’a été annoncé pour une nouvelle rencontre. Les médiateurs pakistanais restent en contact avec les deux parties, tandis que la communauté internationale surveille de près l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, crucial pour l’approvisionnement énergétique mondial.
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