Croissance et emploi au Maroc : la Banque mondiale identifie les leviers pour relancer l’investissement et la productivité

Croissance et emploi au Maroc : la Banque mondiale identifie les leviers pour relancer l’investissement et la productivité

La Banque mondiale a publié, ce jeudi, deux rapports consacrés à la croissance et à l’emploi au Maroc, ainsi qu’au diagnostic du secteur privé dans le Royaume. Ces documents, présentés à Rabat, établissent un constat clair : le potentiel économique marocain existe, mais son déploiement nécessite des réformes structurelles ciblées.

Un potentiel sous-exploité selon les institutions internationales

Le Rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc souligne que le pays dispose d’atouts démographiques, géographiques et infrastructurels. Toutefois, les auteurs estiment que ces atouts ne se traduisent pas encore par une création d’emplois suffisante ni par une hausse de la productivité.

Le Diagnostic du secteur privé au Maroc, élaboré en parallèle, identifie plusieurs freins à l’investissement. Parmi eux figurent la complexité administrative, l’accès limité au financement pour les PME et les rigidités du marché du travail.

Trois leviers prioritaires identifiés

Pour relancer la dynamique économique, la Banque mondiale propose d’actionner trois leviers principaux. Le premier concerne l’amélioration du climat des affaires, en simplifiant les procédures de création d’entreprise et en renforçant la transparence réglementaire.

Le deuxième levier porte sur le développement des compétences et de la formation professionnelle, afin d’adapter la main-d’œuvre aux besoins des secteurs porteurs comme les technologies de l’information, l’industrie verte et les services à forte valeur ajoutée.

Enfin, le troisième levier vise à stimuler l’investissement privé, notamment par des incitations fiscales ciblées et un meilleur accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises.

Des réformes déjà engagées, mais insuffisantes

Les rapports notent que le Maroc a entrepris plusieurs réformes ces dernières années, notamment dans le cadre de la nouvelle Charte de l’investissement et de la loi-cadre sur la réforme du système éducatif. Cependant, la Banque mondiale juge que leur mise en œuvre reste partielle et que leur impact sur l’emploi et la productivité demeure limité.

Les experts de l’institution recommandent également de renforcer la concurrence dans les secteurs protégés, de moderniser le cadre juridique des contrats et de développer les infrastructures numériques pour faciliter l’accès aux marchés internationaux.

Implications pour l’économie marocaine

Si ces leviers sont actionnés efficacement, le Maroc pourrait, selon les projections de la Banque mondiale, augmenter son taux de croissance potentiel de 1 à 2 points de pourcentage par an. Une telle progression aurait des retombées directes sur la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, dont le taux d’activité reste faible comparé aux standards internationaux.

Le diagnostic du secteur privé révèle par ailleurs que les entreprises marocaines peinent à innover et à investir dans la R&D, ce qui limite leur compétitivité à l’exportation. La Banque mondiale encourage donc un soutien accru à l’écosystème startup et aux clusters industriels.

Prochaines étapes et calendrier

Les deux rapports seront présentés aux autorités marocaines dans les prochaines semaines, en vue d’alimenter les discussions sur le futur modèle de développement du Royaume. Un suivi des recommandations est prévu dans le cadre du partenariat entre le Maroc et la Banque mondiale pour la période 2024-2028.

Des ateliers techniques avec les ministères concernés et les représentants du secteur privé devraient se tenir à partir du mois prochain pour prioriser les actions à court terme. Aucune échéance précise n’a encore été annoncée pour la mise en œuvre des réformes proposées.

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