Fête du Travail : les syndicats placent salaires, pensions et pouvoir d’achat au cœur du 1er Mai

Fête du Travail : les syndicats placent salaires, pensions et pouvoir d’achat au cœur du 1er Mai

Casablanca, 1er mai 2026 – Des milliers de travailleurs ont défilé, vendredi, dans plusieurs villes du Royaume à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs. Les syndicats ont concentré leurs revendications sur la hausse des salaires, la protection des régimes de pension et la défense du pouvoir d’achat, dans un contexte marqué par l’inflation persistante.

À Casablanca, le cortège principal s’est élancé en milieu de matinée depuis le quartier des Habous, en direction de la place de la Victoire. Les manifestants, munis de banderoles et de pancartes, ont scandé des slogans appelant à une revalorisation immédiate du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Plusieurs responsables syndicaux ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un retard dans l’ajustement des revenus face à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.

Revendications salariales et pouvoir d’achat

Dans leurs discours, les secrétaires généraux des principales centrales syndicales, dont l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), ont réclamé une augmentation générale des salaires dans les secteurs public et privé. Ils ont également exigé l’ouverture de négociations avec le gouvernement pour réviser le barème de l’impôt sur le revenu, afin d’alléger la pression fiscale sur les ménages à faibles revenus.

Le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik, a déclaré que « les travailleurs ne peuvent plus supporter seuls les conséquences de la vie chère ». Il a appelé à une réunion urgente du dialogue social pour discuter d’une augmentation de 20 % des salaires dans la fonction publique et d’un relèvement du SMIG à 4 500 dirhams nets par mois.

Réforme des retraites et pensions

Un autre point central de la mobilisation a été la défense des régimes de retraite. Les syndicats ont exprimé leur opposition à tout projet de réforme qui réduirait les prestations ou augmenterait l’âge de départ à la retraite. Ils demandent la préservation du système actuel de répartition et une meilleure gestion des caisses de retraite, notamment la Caisse marocaine des retraites (CMR) et le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR).

Le secrétaire général de la CDT, Driss Marchiqui, a insisté sur la nécessité de garantir « des pensions dignes et viables pour les générations futures ». Il a prévenu que toute tentative de modification unilatérale des règles actuelles rencontrerait une forte opposition sociale.

Déploiement sécuritaire et ambiance générale

Les autorités locales ont mobilisé d’importantes forces de l’ordre pour encadrer les défilés dans les principales villes, notamment Rabat, Marrakech, Fès et Tanger. Aucun incident majeur n’a été signalé. La marche casablancaise s’est déroulée dans le calme, sous la surveillance d’unités de police et de la gendarmerie royale.

Plusieurs organisations de la société civile ont également participé aux rassemblements, exprimant leur solidarité avec les revendications des travailleurs. Des représentants d’associations de consommateurs et de défense des droits humains ont pris la parole pour souligner l’urgence d’une politique sociale plus inclusive.

Perspectives et prochaines étapes

Les syndicats ont annoncé leur intention de remettre au chef du gouvernement une plateforme de revendications commune dans les prochains jours. Ils espèrent obtenir une réponse rapide avant le début des discussions parlementaires sur le budget de l’État pour l’année 2027. Une nouvelle journée de mobilisation pourrait être organisée si les négociations n’avancent pas, selon les responsables syndicaux.

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