La Ligue Nationale de Football Professionnel (LNFP) a dévoilé, mercredi 12 mars 2025, une série de mesures disciplinaires à la suite des violences survenues lors du match de championnat opposant l’AS FAR au Raja Casablanca, disputé le 9 mars au stade Moulay Abdellah de Rabat. Ces incidents, qui ont entraîné des blessés légers et des dégradations matérielles, ont poussé l’instance à durcir son dispositif de sécurité et de sanction.
Un contexte de tensions récurrentes dans les stades marocains
Lors de ce classico, des affrontements entre supporters et forces de l’ordre ont éclaté après le coup de sifflet final. Des projectiles ont été lancés sur la pelouse et une partie des tribunes a été endommagée. La LNFP a immédiatement ouvert une enquête et auditionné les responsables des deux clubs.
Ces débordements s’inscrivent dans une série d’incidents similaires observés cette saison dans plusieurs enceintes sportives du Royaume. Le précédent match entre le Wydad Casablanca et le Maghreb Fès, le 2 mars, avait déjà donné lieu à des échauffourées.
Les mesures annoncées par la LNFP
La Ligue a communiqué un ensemble de trois décisions immédiates. Premièrement, l’interdiction de déplacement des supporters pour les trois prochaines journées de championnat, pour tous les clubs. Deuxièmement, l’installation de caméras de surveillance supplémentaires dans les stades classés à risque. Troisièmement, le renforcement des contrôles d’accès aux vestiaires et aux zones réservées aux joueurs.
Par ailleurs, une commission disciplinaire indépendante a été saisie pour statuer sur les sanctions individuelles à l’encontre des auteurs identifiés grâce aux images de vidéosurveillance. Les clubs concernés pourront être passibles d’amendes allant de 50 000 à 200 000 dirhams, ainsi que de matches à huis clos.
Réactions des acteurs du football marocain
Le président de la LNFP, dans une déclaration publiée sur le site officiel de l’instance, a qualifié ces violences de « inacceptables » et a appelé à « une responsabilité collective de tous les acteurs ». Le ministère de la Jeunesse et des Sports a également réagi par un communiqué, saluant la fermeté des mesures et rappelant son engagement à moderniser les infrastructures de sécurité.
De leur côté, les associations de supporters ont exprimé leur mécontentement face à l’interdiction générale de déplacement, estimant qu’elle pénalise l’ensemble des fans. Le Raja Casablanca et l’AS FAR n’ont pas encore publié de position officielle.
Contexte juridique et précédents
Ces mesures interviennent dans le cadre de la loi 09-08 relative à la sécurité dans les manifestations sportives, qui prévoit des peines allant jusqu’à un an d’emprisonnement et 50 000 dirhams d’amende pour les auteurs de violences en stade. En 2023, une vague d’incidents similaires avait déjà conduit à l’interdiction des déplacements de supporters pendant deux mois.
La LNFP précise que ces nouvelles dispositions resteront en vigueur jusqu’à la fin de la saison en cours, avec une évaluation à mi-parcours prévue en avril 2025. Les mesures pourront être ajustées en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire.
Prochaines étapes et calendrier
La commission disciplinaire devrait rendre ses conclusions d’ici le 20 mars 2025. Par ailleurs, la LNFP prévoit une réunion avec les représentants des clubs et les autorités locales le 15 mars pour discuter de la mise en œuvre des mesures et des éventuels aménagements. L’objectif affiché est d’assurer le bon déroulement des prochaines rencontres, notamment le derby prévu le 23 mars entre le Wydad et le Raja.
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