Téhéran somme Washington de choisir entre un accord jugé inacceptable et une option militaire périlleuse

Téhéran somme Washington de choisir entre un accord jugé inacceptable et une option militaire périlleuse

L’Iran a lancé un ultimatum aux États-Unis, les exhortant à trancher entre une intervention militaire qualifiée d’impossible et un accord présenté comme défavorable, dans le cadre des tensions persistantes au Moyen-Orient. Cette mise en garde intervient après que Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait rejeter une nouvelle proposition de règlement formulée par Téhéran.

La situation entre les deux puissances demeure bloquée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, mettant fin à près de quarante jours de frappes israélo-américaines contre l’Iran et de représailles iraniennes dans la région. Les tentatives diplomatiques n’ont pas permis de relancer les pourparlers directs tenus à Islamabad le 11 avril, en raison de divergences profondes, notamment sur le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire.

Un ultimatum iranien et des menaces explicites

Dans un communiqué relayé par la télévision d’État, le service de renseignement des Gardiens de la Révolution a déclaré que la marge de manœuvre des États-Unis s’était réduite. Il a appelé Donald Trump à choisir entre une opération militaire impossible et un mauvais accord avec la République islamique. L’organe des Gardiens, puissante armée idéologique iranienne, a évoqué un ultimatum lié au blocus américain des ports iraniens et un changement de ton de la Chine, de la Russie et de l’Europe envers Washington.

Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens devenu conseiller militaire du guide suprême Mojtaba Khamenei, a menacé sur le réseau X de couler les porte-avions américains. Il a qualifié les États-Unis de seuls pirates au monde à posséder de tels navires, affirmant que la capacité de l’Iran à affronter ces pirates n’était pas moindre que celle de couler des navires de guerre.

La position américaine et le plan iranien en quatorze points

Le président américain a indiqué samedi qu’il allait bientôt étudier un plan transmis par l’Iran, tout en exprimant son scepticisme. Sur sa plateforme Truth Social, il a estimé que les Iraniens n’avaient pas encore payé un prix suffisant pour leurs actions depuis la fondation de la République islamique en 1979. Des agences de presse iraniennes ont rapporté que Téhéran avait soumis à Washington, via le Pakistan, un plan en quatorze points visant à mettre fin au conflit sous trente jours.

Selon l’agence Tasnim, ce plan réclame le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs, le versement de réparations, la levée des sanctions, un mécanisme pour le détroit d’Ormuz et la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Le dossier nucléaire, pourtant central pour les États-Unis et Israël qui accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, n’est pas mentionné par Tasnim, Téhéran démentant ces accusations.

Des répercussions régionales et économiques

Israël a émis dimanche de nouveaux ordres d’évacuation urgents pour des localités situées au-delà de la zone de sécurité qu’il contrôle dans le sud du Liban, face au Hezbollah pro-iranien. La veille, l’armée israélienne avait mené des frappes ayant fait au moins trois morts dans le sud du pays. La guerre, qui a causé des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, continue de perturber l’économie mondiale, avec des cours du pétrole atteignant des niveaux inédits depuis 2022.

Bien que les bombardements aient cessé, le conflit persiste sous d’autres formes. Washington impose un blocus aux ports iraniens en réponse au verrouillage par Téhéran du détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. Donald Trump a refusé de préciser ce qui pourrait déclencher de nouvelles opérations militaires, tout en admettant que cela restait une possibilité.

Contexte politique et perspectives

Le président américain avait théoriquement jusqu’à vendredi pour demander l’autorisation du Congrès de poursuivre la guerre. Il a choisi d’envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour notifier que les hostilités contre l’Iran étaient terminées, bien que plusieurs élus démocrates aient souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire. Très impopulaire aux États-Unis, la guerre alimente le mécontentement contre Donald Trump, sous pression à six mois d’élections législatives de mi-mandat décisives.

En Iran, le pouvoir judiciaire a annoncé dimanche une nouvelle exécution, celle d’un homme condamné pour participation à un meurtre lors des manifestations de 2022-2023, selon la télévision d’État. Les prochaines semaines devraient être déterminantes pour l’issue de ce conflit, alors que Washington examine le plan iranien et que Téhéran maintient sa pression sur les États-Unis.

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