L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mercredi que le foyer d’hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius ne présente pas, à ce stade, un risque comparable à celui observé au début de la pandémie de COVID-19. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait cette déclaration lors d’un point de presse tenu à Genève, en réponse à des questions sur la situation sanitaire du bateau, actuellement immobilisé au large du Cap-Vert.
« Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a précisé qu’il ne considérait pas cette situation comme similaire aux premiers mois de propagation du coronavirus. Le responsable a rappelé que huit cas suspects étaient recensés à bord du navire.
Évacuations médicales et bilan humain
Trois personnes ont été évacuées ces dernières heures depuis le Cap-Vert à bord d’avions médicalisés. Parmi elles figurent deux membres d’équipage présentant des symptômes ainsi qu’un cas contact asymptomatique. Depuis le début de cette croisière, trois décès liés au foyer épidémique ont été enregistrés : un couple néerlandais et une passagère allemande.
Le MV Hondius, qui effectuait une croisière entre Ushuaïa et le Cap-Vert avec environ 150 personnes à bord, devrait désormais mettre le cap vers Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries. Le navire y accostera dans les prochains jours, selon les informations disponibles.
Opposition des autorités canariennes
Le président régional des Canaries, Fernando Clavijo, continue de s’opposer à l’accueil des malades sur le territoire de l’archipel. Il a dénoncé un manque d’informations transmises par le gouvernement espagnol concernant la situation sanitaire à bord. Cette opposition pourrait compliquer les opérations de débarquement et de prise en charge des passagers.
Présence de l’OMS à bord et suivi épidémiologique
L’OMS a indiqué que des équipes médicales, comprenant notamment du personnel de l’organisation, se trouvaient déjà à bord du navire pour assurer le suivi des passagers et de l’équipage. « Nous continuerons à surveiller et à soutenir les personnes à bord. Nous suivrons également la situation à l’extérieur », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Les autorités sanitaires ont également confirmé que la souche identifiée chez l’un des passagers évacués en Afrique du Sud correspond à la souche andine de l’hantavirus. Cette variante, considérée comme rare, peut se transmettre entre humains dans des conditions de contact très étroit.
Modes de transmission et comparaisons
Maria Van Kerkhove, responsable du département de préparation et de prévention aux épidémies à l’OMS, a expliqué que les premiers cas auraient probablement contracté le virus en dehors du navire avant qu’une transmission interhumaine ne se produise à bord. Elle a toutefois insisté sur le fait que ce type de contamination nécessite des contacts très étroits entre individus. « Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou la COVID-19 », a-t-elle souligné.
L’hantavirus se transmet principalement par inhalation de particules virales provenant d’excréments, d’urine ou de salive de rongeurs infectés. La transmission interhumaine, bien que possible avec la souche andine, reste exceptionnelle et limitée à des environnements confinés ou à des contacts prolongés.
Les autorités sanitaires internationales continuent de surveiller la situation. Le navire devrait accoster à Tenerife dans les prochains jours, sous réserve de l’accord des autorités espagnoles et canariennes. L’OMS a promis de suivre l’évolution de l’épidémie et de fournir des mises à jour régulières.
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