Mali: double attaque meurtrière revendiquée par le JNIM dans le centre du pays

Mali: double attaque meurtrière revendiquée par le JNIM dans le centre du pays

Au moins 35 personnes ont perdu la vie mercredi dans deux attaques quasi simultanées contre les localités de Korikori et Gomossogou, dans le centre du Mali. Les assauts ont été revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une coalition jihadiste affiliée à Al-Qaïda.

Selon un responsable local de la jeunesse interrogé par l’AFP, le bilan provisoire fait état d’au moins 35 morts. Deux sources, l’une sécuritaire et l’autre administrative, ont chacune confirmé un nombre de victimes supérieur à 30. Les attaques ont visé des milices progouvernementales, d’après le communiqué de revendication du JNIM.

Les deux localités touchées se trouvent dans une région régulièrement en proie à des violences jihadistes, malgré la présence des forces armées maliennes et de leurs alliés. Le centre du Mali est devenu depuis plusieurs années un épicentre de l’insurrection menée par divers groupes armés, dont le JNIM, qui cherche à étendre son emprise territoriale.

Contexte sécuritaire régional

Ces attaques surviennent alors que la situation sécuritaire reste fragile dans la bande sahélo-saharienne. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso font face à une recrudescence des violences attribuées aux groupes jihadistes, malgré les efforts des forces locales et des partenaires internationaux. Le JNIM, dirigé par Iyad Ag Ghaly, est l’une des principales entités actives dans la région, regroupant plusieurs factions armées.

Les milices progouvernementales, souvent composées de volontaires locaux, sont régulièrement la cible de ces groupes, qui les accusent de collaborer avec l’armée malienne et les forces étrangères.

Réactions et implications

Les autorités maliennes n’ont pas encore officiellement commenté le bilan exact de ces deux attaques. Les responsables locaux appellent à une intensification des patrouilles et à un renforcement de la protection des civils dans les zones rurales exposées. Les analystes soulignent que la multiplication des assauts contre les milices locales pourrait exacerber les tensions intercommunautaires et fragiliser davantage le tissu social dans le centre du pays.

Pour les observateurs, ces événements illustrent la capacité opérationnelle persistante du JNIM, qui continue de frapper malgré les opérations militaires menées dans la région. La France, qui a retiré ses troupes du Mali en 2022, maintient une présence réduite dans d’autres pays du Sahel, tandis que la Russie est devenue un partenaire sécuritaire clé de Bamako.

Les populations locales, prises entre les feux des groupes armés et les représailles des forces de sécurité, subissent une crise humanitaire croissante. Selon les Nations unies, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées dans le centre et le nord du Mali ces dernières années.

La revendication du JNIM intervient dans un contexte où les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et certains groupes rebelles du nord restent bloqués. Aucune trêve significative n’a été annoncée pour le centre du pays, où les attaques se succèdent sans répit.

Les enquêtes se poursuivent pour identifier les auteurs et déterminer les circonstances exactes des deux assauts. Les autorités locales prévoient d’organiser des funérailles collectives dans les prochains jours, tandis que des renforts militaires sont attendus dans la zone pour prévenir de nouvelles violences. La communauté internationale suit avec attention la détérioration de la sécurité au Mali, qui pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la région sahélienne.

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