Beyrouth – Plus de la moitié de la population libanaise, soit environ trois millions de personnes, dépend actuellement de l’aide humanitaire pour survivre, a déclaré vendredi une responsable de l’Union européenne en visite au Liban. Cette annonce intervient alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah, déclenché le 2 mars, continue de provoquer une aggravation de la crise.
La commissaire européenne chargée de la gestion des crises humanitaires, Hadja Lahbib, a précisé que l’UE a déjà alloué 100 millions d’euros d’aide d’urgence au Liban depuis le début des hostilités. « À l’heure actuelle, plus de trois millions de personnes, donc plus de la moitié de la population au Liban, dépend de l’aide humanitaire pour survivre », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse à Beyrouth.
Bilan humain et déplacements massifs
Selon les autorités sanitaires libanaises, les frappes israéliennes ont causé la mort de plus de 2 700 personnes et blessé plus de 8 200 autres. Plus d’un million de Libanais ont été contraints de quitter leurs foyers, ce qui aggrave une situation déjà fragilisée par des années de crise économique et politique.
L’Union européenne a déjà acheminé six avions transportant du matériel humanitaire depuis le début du conflit le 2 mars, et un septième vol est attendu samedi, a précisé la commissaire. Ces cargaisons comprennent des fournitures médicales, de la nourriture et des abris d’urgence.
Financement insuffisant malgré l’appel de l’ONU
L’Organisation des Nations unies avait lancé un appel d’urgence en mars, sollicitant 308 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires au Liban. Toutefois, en un peu plus de deux mois, seuls 126 millions de dollars ont été collectés, selon les agences onusiennes, ce qui représente moins de la moitié des fonds requis.
Ce déficit financier compromet la capacité des organisations humanitaires à fournir une assistance aux populations vulnérables, notamment les déplacés et les réfugiés syriens déjà présents sur le territoire.
Cessez-le-feu et perspectives de paix
Le cessez-le-feu proclamé le 17 avril a ouvert une « mince fenêtre d’espoir », selon Hadja Lahbib. « Le Hezbollah doit cesser ses attaques et être désarmé », a-t-elle déclaré. « Israël doit mettre fin à ses bombardements. Pour qu’un cessez-le-feu puisse mener à la paix, il faut avoir le courage politique de s’adresser aux causes profondes de ce conflit », a-t-elle ajouté lors de sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun.
La responsable européenne a souligné que des discussions indirectes entre Israël et le Liban, avec la médiation des États-Unis, se poursuivront la semaine prochaine à Washington. Une troisième session de négociations est prévue pour tenter de parvenir à un accord de paix durable, malgré l’opposition déclarée du Hezbollah au processus.
Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si le cessez-le-feu actuel pourra se transformer en une trêve pérenne, et si les efforts diplomatiques permettront de répondre aux besoins urgents de la population libanaise tout en traitant les racines du conflit.
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