Saisie record de 11 tonnes de cocaïne dans l’Atlantique : un coup dur porté aux réseaux transatlantiques

Saisie record de 11 tonnes de cocaïne dans l’Atlantique : un coup dur porté aux réseaux transatlantiques

Une vaste opération internationale coordonnée par Europol et menée par la Guardia Civil espagnole a abouti à la saisie de 11 tonnes de cocaïne et de 8,5 tonnes de résine de cannabis en haute mer, ainsi qu’à l’arrestation de 54 personnes. L’opération, qui s’est déroulée du 13 au 26 avril dernier, ciblait un réseau de trafic de drogue empruntant le corridor maritime entre les îles Canaries et l’archipel des Açores, identifié comme un axe majeur du trafic transatlantique.

Selon un communiqué d’Europol publié vendredi, les organisations criminelles visées utilisaient une méthode en plusieurs étapes pour échapper aux contrôles portuaires traditionnels. Des navires chargés en Amérique latine effectuaient des transferts en plein Atlantique vers des embarcations rapides, avant que la drogue ne soit finalement débarquée sur de petites unités près des côtes espagnoles et portugaises.

Une logistique fragmentée pour brouiller les pistes

Europol a souligné que les réseaux criminels ont progressivement fragmenté leurs itinéraires maritimes afin de disperser les risques et de compliquer la détection par les autorités. Ce mode opératoire, reposant sur des transferts en haute mer, impose une coordination renforcée entre les services de contrôle européens et internationaux.

“En deux semaines d’intervention, les forces de l’ordre ont porté un coup dur à ce que l’on appelle la route de la cocaïne”, a déclaré Jean-Philippe Lecouffe, directeur exécutif adjoint des opérations d’Europol. Il a ajouté que l’agence européenne “exploitera les renseignements recueillis afin d’identifier et de démanteler les réseaux criminels à l’origine de ces opérations transatlantiques”.

Implications pour le Maroc et la région

Ce démantèlement a des répercussions directes sur les routes de transit qui traversent l’Atlantique, notamment celles passant à proximité des côtes marocaines. Le Maroc, situé à la croisée des flux entre l’Amérique latine, l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, est souvent utilisé comme point de passage ou de stockage pour les stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud.

Des observateurs notent que ce type d’opération pourrait réduire temporairement la disponibilité de cocaïne sur le marché européen, mais que les réseaux s’adapteront probablement en modifiant leurs itinéraires ou en recourant à d’autres méthodes, comme l’utilisation de sous-marins de poche ou de drones maritimes.

Les autorités marocaines, via la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et l’Office national des stupéfiants, collaborent régulièrement avec Europol et les polices espagnoles pour traquer ces filières. Aucune information n’a encore été communiquée sur d’éventuelles arrestations liées à ce réseau au Maroc.

Europol a précisé que les analyses des renseignements saisis sont en cours et que de nouvelles opérations pourraient être lancées dans les semaines à venir, ciblant plus particulièrement les cellules logistiques basées en Europe et en Amérique latine.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.