Le fragile cessez-le-feu au Liban n’a pas mis fin aux violences. Des frappes aériennes israéliennes se poursuivent, provoquant destructions et déplacements de populations, notamment dans le sud du pays, où plusieurs villages sont devenus méconnaissables, selon des agences humanitaires.
Un bilan humain lourd depuis mars
Les autorités libanaises rapportent que plus de 2 700 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, dans un contexte d’affrontements entre les combattants du Hezbollah et l’armée israélienne. Le Hezbollah, milice pro-iranienne, a commencé à tirer des roquettes vers le nord d’Israël après le début des bombardements américano-israéliens sur l’Iran, le 28 février.
Beyrouth de nouveau visée
L’ONU a indiqué en fin de semaine qu’une frappe aérienne israélienne menée de nuit contre la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, a provoqué une nouvelle vague de déplacements parmi les civils. Il s’agit de la première attaque contre Beyrouth depuis l’annonce, le 17 avril, d’un cessez-le-feu entre le Liban et Israël.
« Il s’agit manifestement d’une évolution très alarmante », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, depuis New York. Il a ajouté : « Nous sommes également profondément préoccupés par les informations faisant état de civils tués lors de cette attaque, parmi lesquels figurent des enfants. »
Les femmes et les filles particulièrement touchées
Les femmes représentent 25 des plus de 380 personnes tuées au Liban depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 17 avril. Moez Doraid, Directeur régional d’ONU Femmes pour les États arabes, a souligné les dangers auxquels elles sont confrontées « alors qu’elles tentent de regagner leurs domiciles, confiantes dans la sécurité apparente offerte par le cessez-le-feu ».
« La poursuite des frappes aériennes israéliennes, les ordres d’évacuation, les interdictions de retour dans certaines zones et les restrictions de mouvement signifient que la plupart des gens ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. On estime ainsi que plus d’un demi-million de femmes et de filles demeurent déplacées », a-t-il confié aux journalistes.
Un conflit qui érode l’espoir
S’exprimant depuis Beyrouth par liaison vidéo, Moez Doraid a exhorté la communauté internationale à « se tenir aux côtés de ces femmes et de ces filles, de ces hommes et de ces garçons, afin de redonner espoir ». Contrairement aux conflits passés endurés par le peuple libanais, il a insisté : « Ce conflit actuel a érodé l’espoir chez beaucoup, alors que des foyers et des terres du sud du Liban ont été détruits. »
La situation humanitaire reste critique. Les agences onusiennes continuent d’appeler à un arrêt des hostilités et à un accès humanitaire sans entrave pour les populations déplacées.
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