Lagune de Marchica : un site touristique et écologique en pleine mutation à Nador

Lagune de Marchica : un site touristique et écologique en pleine mutation à Nador

À quelques kilomètres du centre-ville de Nador, la lagune de Marchica offre un plan d’eau calme, encadré par la mer Méditerranée, des reliefs montagneux et un cordon dunaire. Longtemps fragilisé par des pressions anthropiques et un envasement progressif, ce site naturel fait l’objet d’un programme de réhabilitation d’envergure.

Un écosystème lagunaire sous surveillance

La lagune de Marchica, également connue sous le nom de Sebkha Bou Areg, s’étend sur environ 115 kilomètres carrés. Elle constitue l’une des plus grandes lagunes côtières du Maroc. Sa biodiversité, qui inclut des espèces migratrices d’oiseaux et des herbiers marins, est reconnue par la convention de Ramsar depuis 2005.

Les autorités locales ont engagé, depuis 2015, un plan de sauvegarde et de valorisation. Ce plan comprend le dragage des sédiments, la restauration des zones humides et la création de voies d’eau pour améliorer la circulation hydraulique. Selon des données officielles, plus de 300 millions de dirhams ont été alloués à ce projet.

Un pôle touristique en développement

La lagune est également au cœur d’un projet de développement touristique porté par l’Agence pour l’aménagement de la lagune de Marchica. Ce projet prévoit la construction de complexes hôteliers, de parcours de golf et d’infrastructures de loisirs, tout en respectant des normes environnementales strictes.

En 2023, la zone a accueilli environ 450 000 visiteurs, selon des chiffres du Conseil régional du tourisme de l’Oriental. Les responsables espèrent atteindre le million de visiteurs annuels d’ici 2028. Des investissements privés et publics continuent d’être mobilisés.

Implications pour l’environnement et l’économie locale

La réhabilitation de la lagune vise un double objectif : préserver un écosystème fragile tout en générant des retombées économiques pour la région de Nador. Des études d’impact environnemental sont menées régulièrement. Des associations locales de défense de l’environnement suivent de près l’évolution des travaux.

Selon des experts de l’Institut national de recherche halieutique, la restauration des herbiers de posidonie a permis une augmentation de 20 % des populations de poissons dans la lagune entre 2019 et 2023. Ce résultat encourage la poursuite des efforts.

Des tensions subsistent toutefois entre développement économique et protection écologique. Des riverains ont exprimé des inquiétudes concernant la pression foncière et l’impact des chantiers sur la qualité de l’eau. Les autorités assurent que des contrôles stricts sont appliqués.

La lagune de Marchica fait également l’objet d’un programme de sensibilisation auprès des écoles et des habitants. Des visites guidées sont organisées pour faire connaître la richesse naturelle du site.

Les prochaines étapes du plan de réhabilitation incluent l’achèvement des travaux de dragage d’ici 2025, ainsi que l’ouverture de nouveaux espaces publics autour de la lagune. Des discussions sont en cours avec des investisseurs internationaux pour le développement d’un écotourisme durable. L’objectif affiché est de faire de Marchica une vitrine à la fois écologique et touristique pour le Maroc.

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