Les réserves en eau des barrages marocains poursuivent leur progression avant la saison estivale

Les réserves en eau des barrages marocains poursuivent leur progression avant la saison estivale

Au cours des dernières semaines, les apports hydriques enregistrés dans plusieurs barrages du Maroc ont continué de soutenir l’amélioration des réserves nationales en eau. Selon les données actualisées du ministère de l’Équipement et de l’Eau, le taux de remplissage des barrages du royaume a atteint un niveau supérieur à celui de la même période l’année dernière.

Les précipitations abondantes observées depuis l’automne 2024, combinées à une gestion rigoureuse des ressources hydriques, ont permis de reconstituer partiellement les stocks. Les bassins versants des principales retenues, notamment ceux des régions de Fès, Taza, Marrakech et du Souss, ont bénéficié de pluies significatives.

Une hausse notable des volumes stockés

Les chiffres officiels indiquent que le volume total des réserves des barrages marocains s’élève désormais à environ 6,5 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage proche de 36%. Ce taux représente une progression de près de 5 points par rapport au début de l’année 2025.

Plusieurs ouvrages majeurs, tels que le barrage Al Massira (région de Settat) et le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (région de Fès), ont enregistré des entrées d’eau notables. Ces réserves sont essentielles pour l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation agricole et la production hydroélectrique.

Un contexte de stress hydrique persistant

Malgré cette amélioration, le Maroc demeure confronté à un stress hydrique structurel lié à la sécheresse récurrente des dernières années. Les experts rappellent que le pays a connu six années consécutives de déficit pluviométrique, ce qui a gravement compromis ses ressources souterraines et ses nappes phréatiques.

Le gouvernement a mis en œuvre un plan d’urgence incluant la construction de nouvelles retenues collinaires, le développement du dessalement de l’eau de mer et l’assainissement des réseaux d’adduction. Ces mesures visent à sécuriser l’alimentation en eau des grandes villes et des périmètres irrigués.

Impact agricole et alimentation en eau potable

L’amélioration des réserves a un effet direct sur la campagne agricole en cours, notamment pour les cultures de printemps comme le maïs, les agrumes et les olives. Les agriculteurs des régions du Gharb, du Loukkos et de la Moulouya bénéficient de dotations d’irrigation plus importantes que les années précédentes.

Pour l’alimentation en eau potable, les villes de Casablanca, Rabat et Marrakech, qui dépendent en partie des barrages, ont vu leur approvisionnement se stabiliser. Les autorités locales maintiennent toutefois des restrictions ciblées en période de pointe.

Perspectives pour la saison estivale

À l’approche de l’été, période de forte demande hydrique, les services du ministère de l’Équipement et de l’Eau prévoient de maintenir une gestion prudente des lâchers d’eau. Les prévisions saisonnières, fondées sur les modèles climatiques régionaux, indiquent une probabilité modérée de précipitations normales pour les mois de juin et juillet 2025.

Le gouvernement devrait annoncer prochainement un nouveau plan de répartition des eaux pour la saison sèche. Ce plan tiendra compte des stocks disponibles, des besoins agricoles prioritaires et des contraintes environnementales. Une réunion du conseil supérieur de l’eau est attendue dans les prochaines semaines pour valider ces orientations.

Les observateurs notent que la situation reste fragile, mais que les réserves actuelles offrent une marge de manœuvre qui faisait défaut lors des étés précédents. La poursuite des investissements dans les infrastructures hydrauliques et le renforcement de la gouvernance de l’eau demeurent des priorités nationales.

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