La 23e édition du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM) a consacré une rencontre professionnelle aux implications des nouvelles technologies sur l’écriture et la production cinématographique. Tenue le mardi 19 mars 2024, la session intitulée « Adapter l’écriture pour l’animation aux nouvelles technologies » a réuni des réalisateurs, scénaristes et experts numériques venus de plusieurs pays.
Une rencontre dédiée aux mutations technologiques
L’événement s’est déroulé dans le cadre du programme officiel du FICAM, qui se tient chaque année à Meknès. Les participants ont abordé les transformations apportées par la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) dans le domaine de l’animation. Ces technologies permettent de créer des environnements immersifs où le spectateur interagit avec les personnages et le récit en temps réel.
Les intervenants ont souligné que l’écriture pour l’animation doit désormais intégrer des contraintes techniques spécifiques, telles que la gestion des angles de caméra en 360 degrés et la synchronisation des interactions utilisateur. « Nous passons d’un récit linéaire à une narration fragmentée, où le public choisit son propre parcours », a expliqué l’un des participants, cité par les organisateurs.
Les défis de la narration immersive
Plusieurs exemples concrets ont été présentés lors de la rencontre. Des courts métrages en VR produits au Maroc et en France ont illustré comment la technologie modifie la structure scénaristique traditionnelle. Les scénaristes doivent désormais prévoir des branches narratives multiples, sans perdre la cohérence émotionnelle de l’histoire.
Les experts ont également discuté des outils logiciels disponibles pour adapter les scripts à la réalité virtuelle. Des plateformes comme Unity et Unreal Engine ont été mentionnées comme des solutions courantes dans l’industrie, mais leur maîtrise nécessite une formation spécifique, encore peu répandue dans les écoles de cinéma au Maroc.
Un enjeu pour l’industrie marocaine
La discussion a mis en lumière le retard relatif du Maroc dans l’adoption de ces technologies par rapport à des pays comme les États-Unis ou la Corée du Sud. Selon les intervenants, la formation des jeunes scénaristes et réalisateurs aux outils numériques représente un enjeu stratégique pour la compétitivité du secteur local. Le FICAM, en tant que plateforme de dialogue, vise à favoriser le transfert de connaissances entre professionnels marocains et internationaux.
Des ateliers pratiques ont été organisés en marge de la conférence, permettant aux participants de manipuler des casques VR et des logiciels de création d’animation 3D. Ces formations, ouvertes gratuitement aux étudiants des écoles d’art de Meknès, ont rencontré un vif intérêt, selon les organisateurs.
Prochaines étapes
Les organisateurs du FICAM ont annoncé que les recommandations issues de cette rencontre seront transmises au ministère de la Culture et de la Communication marocain. Un rapport détaillé, incluant des propositions de partenariats avec des entreprises technologiques, devrait être publié avant la fin de l’année 2024. Par ailleurs, une édition spéciale du festival, dédiée aux productions en réalité virtuelle, est envisagée pour 2025.
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