Dans sa mise à jour du Baromètre des risques pays sectoriels publiée en juin 2026, l’assureur-crédit Coface a présenté un état des lieux de l’économie mondiale, affectée par plus de quinze semaines de conflit au Moyen-Orient. Selon ce rapport, le Maroc maintient la meilleure notation de risque pays parmi les pays d’Afrique du Nord.
L’évaluation de Coface repose sur une analyse des risques macroéconomiques, politiques et sectoriels dans 165 pays. Pour la région Afrique du Nord, le Maroc conserve la note la plus élevée, devant la Tunisie, l’Algérie, la Libye et l’Égypte. Cette notation reflète la stabilité relative de l’économie marocaine malgré les tensions régionales et les incertitudes internationales.
Contexte économique régional
Le baromètre souligne que le conflit au Moyen-Orient, qui dure depuis plus de trois mois, a accentué les pressions sur les chaînes d’approvisionnement et les prix de l’énergie. Les économies de la région subissent des répercussions variables. Le Maroc, grâce à une diversification sectorielle et à des réformes structurelles en cours, parvient à limiter l’impact sur ses indicateurs macroéconomiques.
Les secteurs évalués par Coface incluent l’agroalimentaire, l’automobile, l’aéronautique, les textiles, la chimie, la pharmacie, les technologies de l’information et le tourisme. Pour chacun, l’assureur-crédit a analysé les vulnérabilités spécifiques liées aux approvisionnements, à la demande intérieure et aux capacités d’exportation.
Performances sectorielles
Dans le cas du Maroc, les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique continuent de bénéficier d’investissements étrangers et d’une intégration accrue dans les chaînes de valeur mondiales. Le tourisme, bien que confronté à une baisse de fréquentation due au contexte géopolitique, montre des signes de résilience grâce à une clientèle locale et africaine.
Le secteur agricole, soumis à des aléas climatiques récurrents, reste un point de vigilance. Coface note que la diversification des partenaires commerciaux et la modernisation des infrastructures logistiques contribuent à atténuer certains risques.
Comparaison régionale
En comparaison avec ses voisins, le Maroc bénéficie d’un cadre institutionnel jugé plus solide et d’une dette publique jugée soutenable à moyen terme. La Tunisie affiche une notation inférieure en raison de tensions politiques et de déséquilibres budgétaires. L’Algérie, malgré ses réserves de change, souffre d’une dépendance aux hydrocarbures. L’Égypte fait face à des pressions inflationnistes et à une dette extérieure élevée. La Libye reste marquée par une instabilité sécuritaire persistante.
Les notations de Coface sont utilisées par les investisseurs et les entreprises pour évaluer les risques de crédit et les opportunités d’investissement dans chaque pays. Le maintien d’une note élevée pour le Maroc peut donc contribuer à attirer des capitaux étrangers.
Perspectives
Le rapport de Coface indique que la situation mondiale reste incertaine, notamment si le conflit au Moyen-Orient devait s’étendre ou se prolonger. Pour le Maroc, les prochaines échéances incluent la mise en œuvre de la réforme de la protection sociale et la poursuite des investissements dans les énergies renouvelables. L’évolution de la notation dépendra de la capacité du pays à maintenir sa stabilité macroéconomique et à diversifier son tissu productif dans un environnement régional volatil.
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