La BAD alloue 205 millions d’euros au Maroc pour moderniser la ligne ferroviaire Kénitra–Marrakech

La BAD alloue 205 millions d’euros au Maroc pour moderniser la ligne ferroviaire Kénitra–Marrakech

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 205 millions d’euros en faveur du Maroc, destiné à l’extension et à la modernisation de la ligne à grande vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech. L’annonce a été faite ce mercredi par l’institution financière panafricaine, dans le cadre de son soutien aux infrastructures de transport au Royaume.

Cette opération vise à renforcer la capacité et la performance opérationnelle du corridor ferroviaire Kénitra–Marrakech, qui concentre une part importante des flux de voyageurs et de marchandises entre le nord et le centre du pays. Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du réseau ferroviaire, pilotée par l’Office national des chemins de fer (ONCF).

Le financement de la BAD permettra notamment de réaliser des travaux d’infrastructure sur 370 kilomètres de voies, d’acquérir du matériel roulant adapté à la grande vitesse et de moderniser les systèmes de signalisation et de sécurité. Selon les documents officiels, le projet devrait également contribuer à réduire les temps de trajet de près de 50 % entre les deux villes, tout en augmentant la fréquence des dessertes.

Un projet structurant pour la mobilité régionale

La ligne à grande vitesse Kénitra–Marrakech constitue un axe stratégique pour la mobilité des populations et le développement économique des régions traversées. En reliant la capitale économique Casablanca, la capitale politique Rabat et la destination touristique Marrakech, elle répond à une demande croissante de transport efficace et durable.

Les autorités marocaines estiment que ce corridor ferroviaire permettra de transporter jusqu’à 10 millions de passagers par an d’ici 2030, contre environ 5 millions actuellement. Ce chiffre s’inscrit dans la perspective de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, et pour laquelle des infrastructures de transport renforcées sont nécessaires.

Le projet inclut également des mesures d’accompagnement environnemental, comme l’utilisation de matériaux recyclés pour les ballasts et l’installation de panneaux solaires le long des voies pour alimenter les systèmes de signalisation. La BAD a souligné que ces initiatives contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en favorisant le transfert modal de la route vers le rail.

Un financement assorti de conditions

Le prêt de la BAD, d’une durée de 20 ans avec une période de grâce de 5 ans, a été accordé à un taux d’intérêt préférentiel. Il s’ajoute à une enveloppe globale de 1,2 milliard d’euros déjà mobilisée par le Maroc auprès de plusieurs partenaires, dont la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement, pour le développement de la LGV.

En contrepartie, le gouvernement marocain s’est engagé à mettre en place un cadre réglementaire favorisant la concurrence dans le secteur ferroviaire, ainsi qu’à améliorer la transparence des appels d’offres. L’ONCF devra également soumettre des rapports trimestriels sur l’avancement des travaux et l’impact socio-économique du projet.

Des retombées attendues sur l’emploi et le tourisme

Selon les estimations de la BAD, le chantier devrait créer environ 15 000 emplois directs et indirects pendant la phase de construction, principalement dans les secteurs du génie civil, de la métallurgie et de la logistique. À long terme, l’exploitation de la ligne devrait générer 3 000 emplois permanents pour la maintenance et l’exploitation.

Les acteurs du tourisme à Marrakech se disent optimistes quant à l’impact de la LGV. La réduction du temps de trajet depuis Casablanca, passant de 3 heures à 1 heure 30 minutes, devrait attirer davantage de visiteurs nationaux et internationaux vers la ville ocre. De même, les zones industrielles de Kénitra et de Marrakech pourraient bénéficier d’une meilleure connectivité logistique pour le transport de marchandises.

Les travaux préparatoires ont déjà débuté dans certaines sections, notamment autour de Marrakech où des études géotechniques sont en cours. La mise en service commerciale de la ligne est prévue pour 2028, selon le calendrier communiqué par l’ONCF.

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