Trois ans après le séisme dévastateur qui a frappé la province d’Al Haouz, des indicateurs montrent une reprise progressive de l’activité économique, en particulier dans les secteurs du tourisme et de l’artisanat. Selon des responsables locaux et des experts interrogés, des mesures de soutien ciblées commencent à produire des effets mesurables sur le terrain.
Un contexte de reconstruction accélérée
Le tremblement de terre, survenu le 8 septembre 2023, avait causé des dégâts considérables dans plusieurs provinces, notamment Al Haouz, Taroudant et Chichaoua. Depuis, les autorités marocaines ont mis en œuvre un programme de reconstruction et de relance économique doté de plusieurs milliards de dirhams. Ce programme inclut la réhabilitation des infrastructures touristiques, le soutien aux artisans locaux et la modernisation des circuits commerciaux.
L’effort de reconstruction a permis la réouverture de nombreux hôtels et gîtes ruraux dans les zones montagneuses. Les professionnels du tourisme signalent une augmentation des réservations pour la saison printanière, avec un retour progressif des visiteurs nationaux et internationaux. Les circuits de randonnée, très prisés dans la région, ont été en grande partie rétablis.
Le tourisme, moteur de la reprise
Le tourisme représente un levier essentiel pour l’économie locale. Les autorités provinciales indiquent que le nombre de nuitées dans les établissements classés a augmenté de 30% par rapport à l’année précédente. Cette reprise est attribuée à des campagnes de promotion ciblées et à l’amélioration des conditions d’accès aux sites naturels, notamment la vallée de l’Ourika et le parc national de Toubkal.
Les acteurs locaux soulignent l’importance de la formation professionnelle pour les jeunes du secteur. Des programmes de reconversion et de perfectionnement ont été lancés en partenariat avec l’Office national de la formation professionnelle. Ces initiatives visent à renforcer la qualité des services et à diversifier l’offre touristique.
L’artisanat, un pilier fragilisé mais résilient
Le secteur artisanal, sévèrement touché par la catastrophe, montre des signes de redressement. Les coopératives de tapis, de poterie et de vannerie bénéficient d’un soutien financier et technique pour relancer la production. Les ventes, bien qu’encore inférieures aux niveaux d’avant le séisme, ont progressé de 15% au cours des six derniers mois, selon les données fournies par la chambre d’artisanat régionale.
Des marchés temporaires et des foires itinérantes ont été organisés pour écouler les stocks et stimuler la demande. Par ailleurs, des plateformes de vente en ligne, mises en place avec l’appui du ministère du Tourisme, permettent aux artisans d’atteindre une clientèle plus large.
Des défis persistants
Malgré ces progrès, des difficultés subsistent. L’accès au financement reste un obstacle majeur pour les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Les délais de versement des aides publiques, bien qu’améliorés, sont encore jugés trop longs par certains bénéficiaires. La reconstruction des infrastructures routières, notamment dans les zones les plus reculées, n’est pas encore achevée, ce qui freine l’acheminement des marchandises et la mobilité des touristes.
Les experts estiment que la consolidation de la relance nécessitera un effort soutenu sur plusieurs années. La formation accélérée de la main-d’œuvre locale et la digitalisation des services sont considérées comme des priorités pour garantir une croissance durable.
Selon les projections officielles, les indicateurs économiques de la province d’Al Haouz devraient retrouver leur niveau d’avant le séisme d’ici la fin de l’année 2026. Les autorités prévoient également de lancer une nouvelle phase de développement axée sur l’écotourisme et l’agriculture de montagne, afin de diversifier les sources de revenus et de renforcer la résilience face aux chocs futurs.
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