Rabat – Le Maroc, confronté à une pénurie hydrique structurelle, a lancé un programme d’investissement de 347 millions d’euros visant à renforcer la résilience de ses ressources en eau. L’annonce a été faite par le ministère de l’Équipement et de l’Eau, dans le cadre de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050.
Avec une dotation hydrique annuelle d’environ 620 m³ par habitant, le royaume figure parmi les pays les plus touchés par le stress hydrique. Ce seuil, bien en dessous du seuil de pénurie absolue fixé à 500 m³ par habitant, reflète l’aggravation de la situation due à la sécheresse récurrente et à la demande croissante.
Un programme articulé autour de trois axes
Le programme, d’un montant total de 3,8 milliards de dirhams (347 millions d’euros), est structuré en trois volets principaux. Le premier volet concerne le développement de l’approvisionnement en eau potable, avec la construction de nouvelles stations de dessalement et de traitement des eaux usées.
Le deuxième volet porte sur l’amélioration de l’efficacité hydrique, notamment par la modernisation des réseaux de distribution et la réduction des pertes. En milieu rural, des systèmes d’irrigation plus performants seront déployés pour les agriculteurs.
Le troisième volet prévoit le renforcement des infrastructures de stockage, avec la construction de nouveaux barrages et la mise en place de réserves stratégiques. Ces mesures visent à garantir l’approvisionnement en eau pendant les périodes de sécheresse prolongée.
Des financements publics et un partenariat international
Le financement du programme est assuré par le budget de l’État, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD). La BAD a accordé un prêt de 150 millions d’euros, dans le cadre de son initiative pour l’eau et l’assainissement en Afrique.
Selon le ministère, ce partenariat permettra d’accélérer la mise en œuvre des projets, notamment dans les régions les plus vulnérables, comme le bassin du Souss-Massa et la région de l’Oriental. Le Maroc bénéficie également de l’expertise technique de l’Union européenne dans le domaine de la gestion intégrée des ressources en eau.
Le stress hydrique au Maroc s’est aggravé au cours de la dernière décennie. Les précipitations annuelles ont diminué de près de 20 % par rapport à la moyenne historique, tandis que la demande en eau a augmenté de 30 % en raison de la croissance démographique et du développement économique.
Les autorités estiment que le déficit hydrique pourrait atteindre 2 milliards de m³ d’ici 2030 si aucune mesure structurelle n’est prise. Le programme actuel s’inscrit dans le Plan national de l’eau, qui prévoit un investissement total de 120 milliards de dirhams d’ici 2050.
Le chef du gouvernement a souligné que la sécurisation de l’eau est une priorité nationale, au même titre que l’énergie et l’alimentation. Des projets pilotes de dessalement utilisant des énergies renouvelables sont également en cours de déploiement dans les provinces du Sud.
Selon les prévisions officielles, les premières réalisations du programme devraient être achevées d’ici 2027. Le ministère a indiqué que des indicateurs de suivi seront publiés trimestriellement pour évaluer l’impact sur le stress hydrique. Le Maroc espère ainsi réduire de 25 % le déficit en eau d’ici 2030.
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