Rabat – Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) prévoit une croissance économique de 4,8 % pour l’année 2026, avant un ralentissement à 3 % en 2027, selon les dernières projections du Budget économique exploratoire. Cette estimation, rendue publique ce mercredi, s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires du prochain projet de loi de finances.
L’institution dirigée par Ahmed Lahlimi anticipe une poursuite de la dynamique de reprise de l’économie marocaine en 2026, portée par un rebond attendu de la production agricole et une consolidation de la demande intérieure. Toutefois, le HCP avertit que cette embellie serait temporaire, avec un retour à un rythme plus modéré dès 2027.
Une croissance portée par l’agriculture et la demande intérieure
Selon le document consulté par Aljareeda.net, le produit intérieur brut (PIB) du Maroc devrait enregistrer une hausse de 4,8 % en 2026, après une croissance estimée à 3,5 % pour l’exercice 2025. Cette accélération serait principalement due à une amélioration significative des rendements agricoles, après plusieurs années de sécheresse, ainsi qu’à une augmentation des investissements publics et privés.
Le HCP précise que la demande intérieure, notamment la consommation des ménages et les dépenses d’investissement, contribuerait à hauteur de 5,2 points de pourcentage à cette croissance. Les exportations nettes, en revanche, exerceraient un effet négatif, en raison d’une hausse plus rapide des importations que des exportations.
Un ralentissement prévu dès 2027
Pour 2027, les services du HCP tablent sur un net ralentissement de l’activité économique, avec une croissance limitée à 3 %. Cette décélération s’expliquerait par un effet de base défavorable dans le secteur agricole, ainsi que par un essoufflement progressif de la demande intérieure. Les tensions inflationnistes et les incertitudes sur les marchés mondiaux pourraient également peser sur l’économie marocaine.
Le Budget économique exploratoire souligne par ailleurs que le taux de chômage devrait rester stable autour de 12,5 % en 2026, avant une légère hausse en 2027, en raison d’une population active croissante et d’une création d’emplois insuffisante pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.
Des perspectives conditionnées par la conjoncture internationale
Le HCP insiste sur le caractère conditionnel de ces projections, qui dépendent fortement de l’évolution de la conjoncture internationale, notamment des cours des matières premières, des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne et de la demande en provenance des principaux partenaires commerciaux du Maroc, tels que la France et l’Espagne.
L’institution évoque également les risques liés à une éventuelle recrudescence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui pourrait affecter les approvisionnements énergétiques et les coûts de transport maritime.
Ces prévisions serviront de base aux travaux du prochain projet de loi de finances pour 2026, que le gouvernement doit présenter au Parlement avant le mois d’octobre prochain. Les équipes du ministère de l’Économie et des Finances devront intégrer ces données dans la préparation du budget.
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