La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a annoncé, lundi à Lisbonne, la relance du projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal. Cette déclaration fait suite à des entretiens tenus avec la ministre portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho. Les deux parties ont également convenu de solliciter un financement de l’Union européenne pour accélérer la mise en œuvre de ce projet stratégique.
Un projet de longue date remis à l’ordre du jour
Le projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal, envisagé depuis plusieurs années, vise à relier les réseaux électriques des deux pays par un câble sous-marin. Cette infrastructure devrait permettre d’échanger de l’électricité produite à partir de sources renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne. Les discussions de Lisbonne marquent une étape décisive après une période de stagnation.
Selon des sources officielles marocaines, les deux ministres ont examiné les aspects techniques et financiers du projet. Elles ont souligné l’importance de cette connexion pour renforcer la sécurité énergétique régionale et intégrer davantage les marchés de l’électricité en Europe et en Afrique du Nord.
Un appel aux institutions européennes
Lors des entretiens, Leïla Benali et Maria da Graça Carvalho ont convenu de présenter une demande conjointe de financement auprès de l’Union européenne. Le mécanisme visé est le programme d’infrastructures énergétiques transfrontalières, qui soutient les projets d’intérêt commun. Les deux parties estiment que l’interconnexion répond aux objectifs climatiques de l’UE, notamment la décarbonation du mix énergétique.
Le Maroc dispose déjà d’une interconnexion électrique avec l’Espagne, mise en service en 1997. Celle-ci a permis des échanges bilatéraux significatifs, mais sa capacité reste limitée. Le nouveau projet avec le Portugal offrirait une seconde liaison directe avec le continent européen, augmentant la résilience du réseau et facilitant l’exportation de l’électricité verte marocaine.
Des retombées économiques et environnementales attendues
Ce projet d’interconnexion s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale du Maroc, qui vise à porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans la capacité installée d’ici 2030. Il permettrait également au Portugal de diversifier ses sources d’approvisionnement et de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.
Les études de faisabilité technique et environnementale devraient être actualisées dans les prochains mois. Les coûts estimés du projet n’ont pas été communiqués officiellement, mais des analystes évoquent un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Le financement européen pourrait couvrir une partie substantielle des dépenses, sous réserve de l’éligibilité du projet.
Prochaines étapes et calendrier
Les deux ministres ont convenu de mettre en place un comité de suivi bilatéral chargé de coordonner les travaux préparatoires. Une feuille de route préliminaire prévoit le dépôt de la demande de financement auprès de l’UE avant la fin de l’année 2025. Si le feu vert est obtenu, les travaux de construction pourraient débuter à l’horizon 2027, avec une mise en service prévue pour 2030.
Ce calendrier reste conditionné par les études techniques, les accords réglementaires et les négociations financières avec les institutions européennes. Le Maroc et le Portugal entendent maintenir un dialogue étroit pour surmonter les éventuels obstacles et concrétiser cette infrastructure clé pour la transition énergétique régionale.
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