La production marocaine d’avocats résiste aux fortes chaleurs de la fin mai

La production marocaine d’avocats résiste aux fortes chaleurs de la fin mai

La campagne marocaine de l’avocat maintient son cap malgré les pertes provoquées par la vague de chaleur survenue fin mai. Cet épisode climatique a réduit le potentiel de production dans les principales régions agricoles du Royaume, mais les exportateurs et producteurs estiment que l’impact global reste maîtrisé.

Un épisode de chaleur précoce affecte les volumes

Les températures exceptionnellement élevées enregistrées entre le 25 et le 31 mai ont touché les vergers d’avocats dans les zones de production du Souss-Massa, du Gharb et du Loukkos. Selon les données préliminaires de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), les pertes dans les parcelles les plus exposées pourraient atteindre 15 à 20 % de la récolte prévue initialement.

Les autorités agricoles locales confirment que les variétés les plus sensibles, comme la Hass, ont subi un stress hydrique aigu. Les jeunes fruits en phase de grossissement ont été les plus touchés, ce qui explique la baisse de calibre observée sur certains lots.

Un contexte de demande internationale soutenue

Malgré ces conditions défavorables, la filière continue de répondre aux commandes des marchés européens, notamment en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Les exportateurs marocains, réunis au sein de l’Association des producteurs d’avocats du Maroc (APAM), estiment que les volumes exportés pour la saison 2023‑2024 resteront proches de 60 000 tonnes, contre 55 000 tonnes l’année précédente.

Cette résilience s’explique par l’extension des surfaces cultivées, passées de 8 500 hectares en 2020 à plus de 12 000 hectares en 2023. La région de Souss-Massa concentre à elle seule plus de 70 % de la production nationale.

Des mesures d’adaptation face au stress thermique

Les producteurs ont mis en place des stratégies d’atténuation des effets de la chaleur. L’irrigation goutte‑à‑goutte, généralisée sur 95 % des vergers, a permis de maintenir un apport hydrique régulier. Certains agriculteurs ont également recouru à des brise‑vent naturels et à des filets d’ombrage pour limiter l’exposition directe des fruits.

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a mobilisé ses équipes techniques pour accompagner les exploitants dans la gestion du stress thermique. Des bulletins d’alerte climatique ont été diffusés via le système de veille agrométéorologique national.

Des perspectives pour la prochaine campagne

Les opérateurs du secteur attendent les conclusions des inspections menées par les services phytosanitaires pour évaluer précisément les pertes. La prochaine campagne de commercialisation, qui débutera en septembre, pourrait bénéficier d’une disponibilité accrue en fruits de deuxième catégorie destinés à la transformation industrielle (huile d’avocat, purée congelée).

La filière mise sur le développement de variétés plus résistantes à la chaleur, comme la Fuerte ou la Bacon, pour réduire la dépendance à la Hass. Des essais en cours dans les stations de recherche agronomique de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) visent à identifier des porte‑greffes adaptés aux conditions climatiques marocaines.

Les professionnels attendent également le renouvellement du contrat‑programme liant l’État à la filière avocatière pour la période 2024‑2028, dont les discussions devraient s’achever avant la fin de l’année. Ce document devrait fixer des objectifs de progression des surfaces irriguées et de modernisation des unités de conditionnement.

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