Le Conseil de l’Association des barreaux du Maroc, réuni en session extraordinaire jeudi 27 août à Rabat, a décidé de maintenir la suspension des services professionnels des avocats. Cette décision prolonge le mouvement de contestation engagé contre la nouvelle loi régissant la profession, dont l’entrée en vigueur n’a pas apaisé les tensions. Les modalités de cette nouvelle phase de mobilisation doivent être précisées dans un communiqué attendu ce vendredi soir.
La réunion du Conseil, qui a débuté à 10h30, s’est poursuivie jusqu’à 20h. Le bureau de l’Association a ensuite tenu une réunion séparée, prolongée jusqu’à 2h du matin, avant de trancher en faveur de la poursuite de la suspension. Le communiqué publié à l’issue de ces travaux reste succinct, ne précisant ni la durée de cette phase ni les modalités concrètes de la suspension. L’Association a indiqué qu’un communiqué plus détaillé sera publié ce vendredi 28 août au soir, présentant les conclusions de la réunion et les décisions adoptées.
Un mouvement de contestation ancré depuis juin
Les avocats marocains ont entamé le 15 juin dernier une grève ouverte et une suspension des prestations professionnelles en réaction au projet de loi relatif à l’exercice de la profession et à l’organisation des barreaux. L’adoption et la publication du texte au Bulletin officiel ont toutefois modifié la donne : le débat ne porte plus sur un projet susceptible d’être modifié, mais sur un dispositif juridique désormais applicable. Cette évolution n’a pas mis fin à la contestation, l’Association des barreaux ayant maintenu son refus de fournir les services professionnels.
Trois scénarios en débat
Avant la réunion extraordinaire de jeudi, plusieurs orientations étaient en discussion au sein de la profession. Une première tendance défendait la poursuite de la suspension, estimant qu’un arrêt du mouvement au lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi serait perçu comme un recul. Les partisans de cette ligne soulignent le maintien d’un soutien important à la mobilisation et la nécessité de maintenir la pression pour obtenir une révision des dispositions jugées incompatibles avec l’indépendance de la profession et les garanties de la défense.
Une deuxième orientation plaidait pour la fin de la grève et la reprise du travail dans les tribunaux, arguant que l’entrée en vigueur du texte crée une nouvelle réalité juridique et institutionnelle. La prolongation de la suspension risque d’accroître ses répercussions sur les avocats, les justiciables et le fonctionnement des juridictions. Entre ces deux positions, une troisième piste proposait une sortie partielle du mouvement, abandonnant la suspension totale au profit d’un boycott ciblé, permettant la reprise de certaines prestations tout en maintenant des formes de protestation sur les points contestés.
La décision de jeudi soir de maintenir la suspension intervient dans ce contexte de divergences. Le communiqué détaillé attendu vendredi soir devrait préciser les prochaines étapes du mouvement, alors que la profession reste divisée sur la stratégie à adopter face à la nouvelle loi.
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