Prévention des conflits en Afrique : le Maroc insiste sur le nexus paix-sécurité-développement à Luanda

Prévention des conflits en Afrique : le Maroc insiste sur le nexus paix-sécurité-développement à Luanda

Le Maroc a réaffirmé, samedi à Luanda, son engagement en faveur du renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits, lors de la 26e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine. Cette réunion, consacrée aux défis sécuritaires et politiques du continent, a été l’occasion pour la délégation marocaine de souligner l’importance d’une approche intégrée liant paix, sécurité et développement.

Une position constante du Royaume

Intervenant devant les représentants des États membres, le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a rappelé que la prévention des conflits demeure une priorité stratégique pour le Maroc. Il a souligné que les mécanismes africains existants doivent être adaptés aux réalités du terrain et dotés de moyens appropriés pour anticiper les crises avant qu’elles ne dégénèrent.

Le chef de la diplomatie marocaine a insisté sur le fait que la paix durable ne peut être atteinte sans un développement socio-économique inclusif. Il a cité en exemple les initiatives lancées par le Royaume dans plusieurs régions du continent, notamment en matière de formation religieuse, de coopération Sud-Sud et de projets structurants.

Le nexus paix-sécurité-développement comme pilier

M. Bourita a plaidé pour que le nexus paix-sécurité-développement soit placé au cœur de toutes les stratégies africaines de prévention des conflits. Selon lui, cette approche permet de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité, telles que la pauvreté, le chômage des jeunes, le changement climatique et la mauvaise gouvernance.

Il a également souligné la nécessité de renforcer la coopération entre l’Union africaine, les organisations régionales et les Nations unies, afin d’optimiser les interventions et d’éviter les duplications. Le Maroc a proposé de mettre à disposition son expertise dans les domaines de la médiation, de la consolidation de la paix et de la gestion des frontières.

Des réactions positives des partenaires africains

Plusieurs délégations présentes ont salué la position marocaine, la qualifiant de constructive et conforme aux aspirations panafricaines. La présidente de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a rappelé que la prévention des conflits constitue une des priorités de l’agenda 2063 de l’UA, et que le rôle des États membres comme le Maroc est essentiel pour avancer sur ce dossier.

Des observateurs notent que le Maroc, depuis son retour à l’UA en 2017, multiplie les initiatives pour consolider la paix et la sécurité sur le continent, notamment dans la région du Sahel et en Afrique centrale. Son engagement dans des opérations de maintien de la paix et sa coopération bilatérale avec plusieurs pays africains sont cités comme des exemples concrets.

Vers une mise en œuvre concrète

À l’issue de cette session, les conclusions devraient être présentées lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA prévu en février 2026. Le Maroc, en sa qualité de pays engagé dans la diplomatie africaine, devrait continuer à pousser pour la mise en place d’un fonds dédié à la prévention des conflits et pour le renforcement des capacités des médiateurs africains.

La prochaine étape consistera à traduire ces recommandations en actions concrètes, avec des échéances précises et des mécanismes de suivi. Des consultations techniques sont attendues à Addis-Abeba dans les prochains mois, en vue d’élaborer une feuille de route opérationnelle pour la mise en œuvre du nexus paix-sécurité-développement dans les stratégies continentales.

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