Émigration marocaine en Espagne : près de 10.900 départs au deuxième trimestre 2026

Émigration marocaine en Espagne : près de 10.900 départs au deuxième trimestre 2026

Madrid, le 12 août 2026. L’Institut national de la statistique espagnol (INE) a publié, ce mardi, ses données sur les mouvements migratoires en Espagne pour le deuxième trimestre de l’année. Elles révèlent que les ressortissants marocains en situation régulière constituent la deuxième nationalité étrangère la plus nombreuse à quitter le territoire espagnol, avec près de 10.900 départs enregistrés entre avril et juin 2026.

Un flux de départs significatif au sein de la communauté marocaine

D’après les statistiques officielles, les Marocains se placent derrière les Colombiens, dont plus de 11.500 ont quitté l’Espagne durant la même période. Ces départs incluent aussi bien des retours vers le Maroc que des réinstallations dans d’autres pays. Les chiffres de l’INE montrent également que 5.300 Roumains, 3.700 Italiens, 3.200 Ukrainiens, ainsi que 2.700 ressortissants chinois et honduriens, ont quitté le pays au cours du trimestre étudié.

Cette dynamique de départ s’inscrit dans un contexte plus large de forte progression de la population étrangère en Espagne. En effet, le nombre d’étrangers résidant dans le pays a augmenté de plus de 87.000 personnes entre avril et juin, pour atteindre un total de 7,44 millions. Dans le même temps, la population de nationalité espagnole n’a progressé que d’environ 17.000 personnes.

Une présence marocaine toujours dynamique à l’arrivée

Malgré ces départs, les Marocains demeurent l’une des principales nationalités contribuant aux flux d’arrivée. Plus de 21.000 ressortissants du Royaume se sont installés en Espagne au cours de la période analysée, ce qui les place au troisième rang des nationalités les plus représentées parmi les nouveaux arrivants. Les Colombiens arrivent en tête avec 34.000 entrées, suivis des Vénézuéliens avec plus de 23.000 arrivées.

Cette double tendance, à la fois départs et arrivées, illustre la mobilité persistante des citoyens marocains entre le Maroc et l’Espagne, un phénomène qui s’explique par des facteurs économiques, familiaux et professionnels.

Une croissance démographique espagnole portée par l’immigration

Au niveau global, l’Espagne a gagné plus de 104.000 habitants entre le premier et le deuxième trimestre de 2026, portant sa population totale à 49,8 millions de personnes au début du mois de juillet, un niveau inédit dans l’histoire démographique récente du pays. La croissance annuelle projetée pour l’ensemble de l’année est estimée à plus de 444.000 habitants.

Cette augmentation démographique est essentiellement attribuable à l’immigration, qui compense largement les départs. Les régions espagnoles enregistrent des évolutions contrastées. La Communauté valencienne a connu la progression la plus forte, avec une hausse de 0,43 % de sa population, devant les îles Baléares (0,36 %) et les Asturies (0,29 %). La Catalogne a vu sa population augmenter de 0,27 %, tandis que Ceuta et Melilla ont affiché des croissances respectives de 0,13 % et 0,09 %. À l’inverse, les îles Canaries ont enregistré la plus faible progression, limitée à 0,03 % sur la période.

Des perspectives de mobilité toujours soutenue

Les données de l’INE pour le prochain trimestre, attendues en octobre prochain, devraient permettre de préciser si ces tendances se confirment. Les flux migratoires entre le Maroc et l’Espagne restent déterminants pour l’équilibre démographique des deux pays, et les autorités espagnoles suivent de près l’évolution de ces mouvements pour adapter leurs politiques d’intégration et de gestion des flux.

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