Enseignement supérieur : la CDT annonce deux grèves de 72 heures en septembre et boycotte la rentrée universitaire

Enseignement supérieur : la CDT annonce deux grèves de 72 heures en septembre et boycotte la rentrée universitaire

Le syndicat national de l’enseignement supérieur affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT) a officiellement annoncé, ce mardi, le boycott de la rentrée universitaire 2026-2027 et l’organisation de deux mouvements de grève de 72 heures chacun au cours du mois de septembre. Cette décision fait suite à l’échec des négociations avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, portant principalement sur les revendications salariales et les conditions de travail.

Selon un communiqué rendu public par le bureau national du syndicat, la première grève se tiendra du 16 au 18 septembre 2026, tandis que la seconde est programmée du 30 septembre au 2 octobre 2026. Ces actions seront accompagnées d’un boycott effectif des cours, des examens et de toutes les activités administratives et pédagogiques dans les universités publiques marocaines.

Des négociations bloquées depuis plusieurs mois

Les discussions entre la CDT et la tutelle n’ont pas abouti à un accord sur les principaux points de litige, notamment l’augmentation des salaires de base, l’harmonisation des primes avec les autres corps de la fonction publique, ainsi que l’amélioration des infrastructures des campus universitaires. Le syndicat dénonce également le manque de personnel enseignant et administratif, qui affecte directement la qualité de la formation et la recherche scientifique.

Dans son communiqué, la CDT souligne que la rentrée 2026-2027 constitue un test décisif pour le gouvernement, qui avait promis, lors du dialogue social de mai 2025, de répondre aux revendications des enseignants-chercheurs avant la fin de l’année 2026. Faute de réponse concrète, les syndicats estiment que la mobilisation reste la seule voie pour faire aboutir leurs demandes.

Un impact attendu sur les étudiants

Cette annonce intervient alors que des milliers d’étudiants marocains s’apprêtent à entamer leur année universitaire. Les présidents d’universités, interrogés par la presse locale, redoutent des perturbations importantes sur le calendrier des cours et des examens. Plusieurs facultés de droit, de sciences économiques et de lettres, traditionnellement très mobilisées, devraient être particulièrement touchées par ce mouvement.

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce. Toutefois, des sources proches du département ministériel indiquent qu’une commission de dialogue pourrait être rouverte dans les prochains jours afin d’éviter une paralysie totale de l’année académique.

Un précédent mouvement de grève en juillet

La décision de la CDT fait suite à une première grève nationale observée le 14 juillet 2026, qui avait déjà connu un taux de participation élevé dans les universités de Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech. Ce précédent mouvement avait été suivi par une série de sit-ins devant les sièges des académies régionales, sans que des avancées majeures soient enregistrées.

Les enseignants-chercheurs réclament également la revalorisation des indemnités de recherche et l’augmentation du budget alloué aux laboratoires universitaires. Selon les données fournies par le syndicat, le budget de la recherche scientifique ne représente que 0,7 % du produit intérieur brut (PIB), un chiffre largement inférieur à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui atteint environ 2,4 %.

Prochaines étapes incertaines

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. La CDT prévoit de tenir une assemblée générale nationale le 5 septembre 2026 pour évaluer la situation et décider d’éventuelles actions supplémentaires en cas de maintien de la position du ministère. Parallèlement, le département de l’Enseignement supérieur pourrait organiser une réunion d’urgence avec les syndicats les plus représentatifs, dans le cadre du dialogue social permanent instauré par le chef du gouvernement.

Si aucun accord n’intervient avant le 16 septembre, le mouvement de grève sera maintenu, et des manifestations nationales pourraient être organisées à Rabat dans les semaines suivantes. Pour les étudiants, l’incertitude demeure quant au calendrier des cours et des examens, certains étant déjà contraints de revoir leurs plans de stage et de mobilité internationale.

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