Éducation au Maroc : les acteurs scolaires exigent des engagements durables avant les législatives

Éducation au Maroc : les acteurs scolaires exigent des engagements durables avant les législatives

À l’approche des élections législatives, les représentants des parents d’élèves et du secteur de l’enseignement privé au Maroc intensifient leurs appels à un « nouveau contrat » avec les partis politiques. Ils demandent que l’éducation soit placée au cœur des programmes électoraux, avec des mesures concrètes et évaluables à long terme.

La Fédération nationale des associations de parents d’élèves estime que les familles marocaines attendent des réponses précises aux difficultés qui affectent la scolarité de leurs enfants. Son président, Noureddine Akouri, a souligné la nécessité de remplacer les promesses électorales par des engagements réalistes, assortis d’échéances, de moyens financiers et d’indicateurs de résultats.

Parmi les priorités évoquées figurent la qualité des apprentissages, la réduction de la surcharge des classes, la lutte contre le décrochage scolaire, ainsi que l’amélioration des infrastructures, du transport et de la restauration scolaires. Les parents demandent également une meilleure prise en charge du soutien social et une réduction des disparités entre zones urbaines et rurales.

Des questions sociales et sanitaires intégrées aux politiques éducatives

La fédération insiste sur l’importance d’intégrer aux politiques éducatives des enjeux tels que la santé mentale des élèves, la sécurité dans les établissements, la prévention de la violence et du harcèlement, ainsi que la gestion des risques liés au numérique. Les activités sportives, culturelles, artistiques et parascolaires devraient également être renforcées.

Pour assurer la continuité des réformes éducatives au-delà des changements de gouvernement, la fédération plaide pour un « contrat national à long terme ». L’objectif est d’éviter que chaque nouvelle majorité ne remette en cause les acquis et ne relance des chantiers déjà engagés.

Le secteur privé réclame un partenariat stratégique avec l’État

Du côté de l’enseignement privé, les revendications portent principalement sur la reconnaissance de son rôle et sur la mise en place d’une coopération stratégique avec l’État. Mohamed Hensali, président de la Ligue de l’enseignement privé au Maroc, estime que les écoles publiques et privées ne doivent pas être considérées comme des modèles opposés, mais comme deux composantes complémentaires d’un même système éducatif national.

Le secteur privé met en avant sa contribution à l’élargissement de l’offre scolaire, à la création d’emplois et à la réduction de la pression sur l’enseignement public. Les représentants du secteur appellent à dépasser une relation purement administrative pour établir un véritable partenariat avec les pouvoirs publics.

La question du coût supporté par les familles est également au centre des préoccupations. Les responsables du privé demandent à l’État de mieux prendre en compte la situation des familles de la classe moyenne qui choisissent ce secteur et assument une charge financière importante pour la scolarisation de leurs enfants.

Amélioration des conditions des enseignants du privé

Le secteur privé réclame aussi une amélioration des conditions de travail de ses enseignants, à travers davantage de formation continue, la reconnaissance de leur expérience professionnelle, une meilleure protection sociale et des perspectives en matière de retraite.

À l’approche des élections, les différents acteurs du secteur éducatif convergent sur un point : l’éducation ne peut plus se limiter à des promesses électorales. Ils appellent les futurs responsables politiques à inscrire la réforme dans une vision durable, avec des engagements précis et des résultats mesurables.

Les prochaines semaines devraient permettre de clarifier la position des partis politiques sur ces revendications. Les acteurs du secteur suivront de près l’intégration de ces demandes dans les programmes électoraux et la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation après les élections.

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