Le déficit commercial du Maroc se creuse à 244,69 milliards de dirhams à fin juillet

Le déficit commercial du Maroc se creuse à 244,69 milliards de dirhams à fin juillet

Le déficit commercial du Maroc s’est établi à 244,69 milliards de dirhams (MMDH) à fin juillet 2026, selon les données publiées par l’Office des changes. Cette détérioration du solde commercial résulte d’une hausse nettement plus marquée des importations par rapport aux exportations.

Les importations de biens ont atteint 544,045 MMDH, enregistrant une progression de 15,9 %, soit une augmentation de 74,481 MMDH par rapport à la même période de l’année précédente. Cette dynamique traduit une demande intérieure soutenue, notamment pour les produits énergétiques, les équipements industriels et les biens de consommation.

En parallèle, les exportations ont totalisé 299,34 MMDH, en hausse de 8,4 % (+23,174 MMDH). Cette progression, bien que positive, demeure insuffisante pour compenser l’accélération des achats à l’étranger. Les secteurs de l’automobile, de l’agriculture et de l’aéronautique continuent de tirer les ventes marocaines vers l’extérieur, mais leur rythme de croissance reste en deçà de celui des importations.

Une facture énergétique et des achats d’équipements en forte hausse

L’élargissement du déficit s’explique principalement par la flambée des prix des matières premières et des produits énergétiques importés. La facture énergétique a particulièrement pesé sur la balance commerciale, tout comme les achats de biens d’équipement destinés à soutenir l’investissement productif dans le royaume.

Les échanges commerciaux du Maroc avec ses principaux partenaires, notamment l’Union européenne, la Chine et l’Espagne, montrent des déséquilibres persistants. Si les exportations vers l’Europe demeurent soutenues, les importations en provenance d’Asie et d’Amérique du Nord progressent plus rapidement.

Un taux de couverture en baisse

Le taux de couverture des importations par les exportations ressort à environ 55 %, contre près de 58 % un an plus tôt. Cette détérioration du ratio reflète la difficulté du tissu productif marocain à accroître sa valeur ajoutée locale et à diversifier suffisamment ses débouchés à l’international.

Les analystes économiques soulignent que la hausse des importations traduit aussi une demande intérieure dynamique, portée par la consommation et les besoins en intrants pour les industries locales. Cette situation n’est pas nécessairement négative à moyen terme, si elle s’accompagne d’un renforcement de la compétitivité des entreprises exportatrices.

Les mesures de soutien à l’exportation attendues

Face à cette dégradation du solde commercial, les autorités marocaines pourraient renforcer les programmes d’appui aux exportateurs, notamment via des incitations fiscales et des accords commerciaux élargis. Les discussions en cours avec plusieurs partenaires africains et européens visent à ouvrir de nouveaux marchés aux produits marocains.

Le gouvernement mise également sur la montée en puissance de secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’industrie automobile, l’aéronautique et la chimie. Les investissements dans les infrastructures portuaires et logistiques devraient, à terme, améliorer la compétitivité des échanges.

Les prochaines données mensuelles de l’Office des changes, attendues pour l’automne 2026, permettront de mesurer l’impact des mesures correctives et l’évolution du déficit commercial. Les observateurs suivront de près la trajectoire des prix énergétiques et la demande européenne, deux facteurs clés pour l’équilibre de la balance commerciale marocaine.

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