Le Maroc absent du panorama des crises mondiales présenté par le Haut-Commissaire de l’ONU

Le Maroc absent du panorama des crises mondiales présenté par le Haut-Commissaire de l’ONU

Genève, le 3 septembre 2025, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a ouvert lundi la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme en brossant un tableau sombre de la situation internationale. Dans son discours, il a souligné un nombre record de conflits armés, avec plus de 60 guerres impliquant au moins un État, un niveau inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Maroc, pour sa part, n’a pas été mentionné dans cette revue des préoccupations.

Volker Türk a exprimé son inquiétude face à la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, qualifiant ce conflit de « totalement évitable » et soulignant ses répercussions géopolitiques et économiques au-delà de la région. Il a appelé à une reprise immédiate des négociations entre les parties concernées.

Le Haut-Commissaire a également consacré une partie de son intervention à la guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année. Il a décrit une trajectoire « dangereuse », marquée par une augmentation des victimes civiles et des attaques contre les infrastructures énergétiques. « Il n’existe qu’une seule issue à cette folie », a-t-il déclaré, plaidant pour des négociations de paix conformes à la Charte des Nations unies.

Au Soudan, il a dénoncé la poursuite d’attaques visant des marchés, des hôpitaux et des infrastructures civiles, notamment au Kordofan, au Nil Bleu et dans le Darfour. Il a réclamé un cessez-le-feu immédiat, la fin des interventions étrangères et un retour à un pouvoir civil inclusif.

Gaza et le Moyen-Orient au cœur des préoccupations

Concernant les territoires palestiniens, Volker Türk a indiqué que plus de 1.300 Palestiniens avaient été tués par des frappes quotidiennes malgré le cessez-le-feu annoncé, selon les chiffres du ministère palestinien de la Santé. Il a dénoncé les restrictions à l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza et condamné les projets israéliens de déplacement forcé des habitants de l’enclave. Il a également critiqué les discours déshumanisants tenus par certains responsables israéliens, tout en évoquant les exécutions et actes de torture attribués à des groupes armés affiliés au Hamas contre des Palestiniens.

Le Haut-Commissaire a aussi passé en revue la situation au Liban, au Yémen, au Soudan du Sud, en Éthiopie, en République démocratique du Congo, en Haïti et au Myanmar, estimant que « la poursuite des guerres reflète l’échec de l’humanité ».

La Tunisie et d’autres pays pointés du doigt

Dans son discours, Volker Türk a évoqué les mouvements de contestation en Albanie, en Argentine, en Inde, en Indonésie et en Tunisie. Il a souligné que les frustrations liées aux inégalités, au coût de la vie, au chômage et à la corruption se traduisent par des mobilisations dans l’espace public. Il a rappelé que le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’expression sont essentiels pour le dialogue entre citoyens et gouvernements.

Toutefois, il a regretté que de nombreux États privilégient la répression plutôt que la réponse aux revendications. Il a dénoncé le durcissement des restrictions de l’espace civique et de la liberté de la presse, citant l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Russie, la Tunisie et l’Ouganda.

Intelligence artificielle : un appel à la réglementation

Volker Türk a mis en garde contre les progrès rapides de l’intelligence artificielle, qui pourraient représenter une menace existentielle pour l’humanité si des garde-fous ne sont pas instaurés rapidement. Il a estimé que les retards dans la gouvernance mondiale de l’IA profitent aux grandes entreprises technologiques. Il a appelé à un effort international pour garantir la sécurité et le contrôle de ces systèmes.

Le Maroc absent du panorama

Le Maroc n’apparaît pas dans ce panorama des préoccupations, ce qui contraste avec les préoccupations exprimées sur d’autres pays de la région. Cette absence pourrait être interprétée comme une reconnaissance des avancées en matière de droits humains dans le royaume, ou simplement comme le reflet des priorités du Haut-Commissariat.

Dans ses conclusions, Volker Türk a appelé les États à renforcer les mécanismes nationaux de justice et à soutenir l’action de la Cour pénale internationale lorsque les juridictions nationales se révèlent incapables ou refusent d’agir.

La prochaine étape consistera en des discussions au sein du Conseil des droits de l’homme sur les recommandations du Haut-Commissaire, notamment sur les situations en Iran, en Ukraine, au Soudan et à Gaza.

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