Le conflit social qui couve depuis plusieurs mois à la Faculté de médecine dentaire de Casablanca a franchi une nouvelle étape. Dans un communiqué daté de lundi dernier, le Bureau des étudiants de cette institution a annoncé le déclenchement d’une grève ouverte, à compter de ce jour.
Cette décision fait suite à l’échec des négociations entre les représentants des étudiants et l’administration de la faculté, ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Les points de discorde portent principalement sur les conditions de formation, la qualité des équipements pédagogiques et les perspectives d’emploi pour les futurs praticiens.
Selon le communiqué, les étudiants dénoncent un manque de personnel enseignant spécialisé, des locaux vétustes et une absence de réactualisation des programmes. Ils réclament également une meilleure prise en charge des stages hospitaliers et une révision du numerus clausus qui limite l’accès à la profession. Le mouvement, qui se veut pacifique, prévoit des sit-in devant la faculté et le siège de la présidence de l’université Hassan II, dont dépend l’établissement.
Des revendications qui s’inscrivent dans un contexte national
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de contestation dans le secteur de la santé publique. Depuis plusieurs mois, les étudiants en médecine de plusieurs villes du Royaume expriment leur mécontentement face à la dégradation de leurs conditions de travail et d’études. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière les faiblesses structurelles du système universitaire en matière de santé, ce qui a exacerbé les attentes des étudiants.
Les signataires du communiqué appellent les autorités de tutelle à entamer un dialogue concret et rapide. Ils proposent la mise en place d’une commission mixte tripartite, associant les représentants des étudiants, les doyens des facultés et les services compétents du ministère, afin d’élaborer un plan d’action d’urgence.
Le doyen de la faculté, interrogé par nos soins, a confirmé la réception du préavis de grève et a indiqué être ouvert à la discussion. Il a précisé que des réunions ont déjà eu lieu, mais qu’aucun accord n’a pu être trouvé sur des sujets comme le nombre de professeurs vacataires ou l’acquisition de matériel pédagogique supplémentaire.
Impact sur la formation et les soins aux patients
La faculté de médecine dentaire de Casablanca forme une part importante des futurs chirurgiens-dentistes du pays. La grève entraîne la suspension des cours théoriques et pratiques. Les interruptions concernent également la clinique dentaire universitaire, qui accueille chaque semaine des centaines de patients dans le cadre de soins à tarif réduit. Cette activité étant étroitement liée aux travaux pratiques des étudiants de cinquième année, la continuité des soins pourrait être assurée partiellement par des praticiens vacataires si le mouvement devait se prolonger, selon la direction de l’établissement.
Les étudiants de fin de cycle se disent préoccupés par l’impact de cette grève sur l’organisation de leur année universitaire, notamment les examens de fin d’année. Ils demandent que des aménagements du calendrier soient proposés pour éviter de pénaliser leur apprentissage et leur progression.
L’ensemble des acteurs concernés semble conscient de la nécessité de trouver une issue rapide. Le ministère de tutelle, dans un communiqué publié hier, a fait part de sa volonté de créer des états généraux de la formation en médecine dentaire. Cette initiative, si elle se concrétise, pourrait servir de cadre à la résolution de ce conflit.
La coordination nationale des étudiants en médecine dentaire, qui regroupe plusieurs villes dont Rabat, Marrakech et Fès, a fait savoir qu’elle suivait la situation de près et pourrait, le cas échéant, étendre le mouvement à l’ensemble des facultés du royaume.
En attendant, les étudiants de Casablanca restent mobilisés. Des assemblées générales sont prévues dans les prochains jours pour statuer sur la poursuite ou la suspension du mouvement. Le prochain rendez-vous décisif pourrait avoir lieu à l’occasion de la réunion du conseil d’université, prévue dans dix jours.
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